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Fin du XVIIIe siècle - début du XIXe siècle D’après des modèles attribués à François Lespingola
Hercule tuant l’Hydre de Lerne et Hercule donnant Diomède à manger à ses propres cavales
Estimate:
€150,000 - 250,000

Description

Fin du XVIIIe siècle - début du XIXe siècle D’après des modèles attribués à François Lespingola
Hercule tuant l’Hydre de Lerne et Hercule donnant Diomède à manger à ses propres cavales
Paire de bronzes à patine brune richement nuancée de rouge

Hauteur : 71 cm 


Hercules defeating the Lernaean Hydra and Hercules defeating Diomedes, bronzes with richly nuanced brown patina with red highlights, a pair, End of 18th C. - early 19th C., after models by F. Lespingola

H. : 27.95 in.

Provenance:

Probablement ancienne collection Michael Hall (New York) ;

Collection particulière du Nord de l’Europe 

Bibliography:

en rapport:

François Souchal, French sculptors of the 17th and 18th centuries: the reign of Louis XIV: illustrated catalogue. 4, Supplementary volume A-Z, Londres, 1993, p. 173

Geneviève Bresc-Bautier et Guilhem Scherf avec J. D. Draper, Bronzes français de la Renaissance au Siècle des Lumières, Paris, 2008, p. 294-297 

Geneviève Bresc-Bautier, « François Lespingola. Hercule et l’hydre de Lerne », Revue des Musées de France. Revue du Louvre, 2, 2009, p. 47

Philippe Malgouyres, « Les bronzes décoratifs à Paris autour de 1700. A propos de groupes attribués à François Lespingola (1644-1705) », dans Bronzes français : matériaux et techniques de la sculpture en bronze du XVIe au XVIIIe siècle, Londres, 2014, p.139 –149 

Comment:

Autres exemplaires répertoriés :

Attribué à Antonio Montauti, Hercules et Iolaos terrassant l’Hydre de Lerne, vers 1700-1729, groupe en bronze, H. 71 cm, Vyne Estate, Hampshire, n°inv. 719168 ;

D’après des modèles attribués à François Lespingola, Hercules terrassant l’Hydre de Lerne et Hercule donnant Diomède à manger à ses propres cavales, paire de bronzes, H. 38 et 33 cm, Riggisberg, Abegg-Stiftung Foundation, n° d’inv. 10.25.63

D’après un modèle attribué à François Lespingola, Hercule tuant l’Hydre de Lerne, bronze, dim. 71 x47 x40 cm, Dijon, Musée des Beaux-Arts, n° d’inv. DE 8


Autre exemplaire avec variante répertorié :

D’après un modèle attribué à François Lespingola, Hercules terrassant l’Hydre de Lerne, bronze, H. 42 x 33x 23 cm, Paris, musée du Louvre n° d’inv. RF 2008.04 


Ces deux fascinants groupes mythologiques présentent le deuxième et le huitième des douze travaux d’Hercule. Hercule et Iolaos terrassant l’Hydre de Lerne illustre le triomphe de l'intelligence collective sur la force brute. Face à un monstre aquatique dont les têtes coupées repoussent en double, le héros s'associe à son neveu Iolaos. Hercule tranche les têtes pendant que Iolaos cautérise immédiatement les plaies par le feu pour empêcher la régénération. Cette coopération leur permet de détruire le monstre, dont le sang empoisonné servira ensuite à armer les flèches d'Hercule.

Pour le huitième de ses travaux, Hercule doit capturer les quatre juments anthropophages de Diomède, roi tyran de Thrace, qui nourrissait ses chevaux avec la chair de ses invités. Pour les dompter, Hercule affronte le souverain, le terrasse, et le livre vivant en pâture à ses propres juments. Une fois rassasiées de la chair de leur maître, les bêtes deviennent instantanément dociles, permettant à Hercule de les ramener sans encombre au roi Eurysthée.

Les deux épisodes brutaux et spectaculaires sont ici représentés avec autant de fougue que d’inventivité. Les groupes sont construits comme des tableaux avec une approche bidimensionnelle typique des compositions dynamiques, complexes et narratives du sculpteur français François Lespingola. 

Cette paire s’inscrit dans un ensemble de sept importants groupes en bronze consacrés

au thème herculéen qui constitue l’unique corpus cohérent rattaché formellement au sculpteur. Cette attribution qui fait aujourd’hui consensus a pour origine historique la mention du nom de Lespingola dans une liste d’achats rédigée par Raymond Leplat en 1714/1715 pour le comte d’Auguste le Fort, Electeur de Saxe (relié au groupe figurant Hercule secourant Prométhée conservé à Dresde au Staatliche Kunstsammlunfen, Grünes Gewölbe, n°inv. IX 88).

Le séjour de Lespingola à Rome pendant dix ans, entre 1665 et 1675, ainsi que le lien stylistique évident qui le rapproche de sculpteurs florentins arrivés dans la Cité Éternelle après lui à partir de 1680, tels Foggini, Piamontini ou Montauti, ont longtemps entretenu une confusion dans les attributions de certains bronzes, toujours d’actualité, malgré les avancées dans la recherche. On retrouve encore, par exemple, sous l’attribution à Montauti, un exemplaire de Hercule terrassant l’Hydre au domaine The Vyne, dans le Hampshire en Angleterre, suivant une hypothèse diffusée par la Heim Gallery de Londres dans les années 1980.

Une autre paire, plus petite, formée de ces deux mêmes travaux d’Hercule, est conservée à l’Abbeg-Stiftung de Riggisberg. De facture et dimensions différentes, elle est sans doute antérieure à la nôtre.

Notre Hercule et L’hydre est à rapprocher d’un exemplaire similaire conservé au musée des Beaux-arts de Dijon. Ils diffèrent tous les deux sensiblement d’une autre version conservée au musée du Louvre qui semble aussi, selon Philippe Malgouyres dans son article de 2014, postérieur à la paire de l’Abbeg-stiftung.

Dans le catalogue de l’exposition Bronzes français de la Renaissance au Siècle des lumières (p.294), James Draper mentionne une paire provenant de la collection Michael Hall qui est vraisemblablement la nôtre. Cette mention renvoie aux travaux de François Souchal qui la reproduit, semble-t-il, dans son ouvrage sous le n°60 et 61, Vol.IV, p.173, comme localisée dans une collection newyorkaise (sans doute cette même collection Michael Hall). 

Si notre paire est vraisemblablement fondue au tournant du XVIIIe siècle, (avec des terrasses fondues au sable comme les exemplaires du Louvre et de Dijon précités), elle présente toutefois une magnifique patine rouge mordorée, « à la florentine », une surface du métal tendue et brossée, des formes simplifiées et un assemblage soigné similaires aux exemplaires les plus anciens.

 

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