54
Paolo CALIARI, dit Il VERONESE Vérone, 1528 - Venise, 1588
Le Repos pendant le retour d'Egypte
Estimate:
€150,000 - 200,000

Description

Paolo CALIARI, dit Il VERONESE Vérone, 1528 - Venise, 1588
Le Repos pendant le retour d'Egypte
Huile sur toile

(Usures et restaurations)


Dans un cadre en chêne richement sculpté et doré, travail français de la fin de l'époque Louis XIV


The Rest on the Flight into Egypt, oil on canvas, by P. Caliari called Il Veronese

62.59 x 63.97 in. 

159 x 162.5 cm
Provenance:

Collection de la famille du marquis de La Vrillière, Paris, selon Pierre-Jean Mariette au XVIIIe siècle ;

Acheté probablement vers 1798 par John Howard, 15ème comte de Suffolk et 8ème comte de Berkshire (1739-1820) pour sa résidence de Charlton Park, Wiltshire ;

Puis par descendance à Henry, 19ème comte de Suffolk et 12ème comte de Berkshire (1877-1917), légué à sa femme Margaret ‘Daisy’ Howard, comtesse de Suffolk et de Berkshire (1879-1968), Redlynch Park, Somerset ;

Sa vente après décès, Londres, Sotheby's, 24 janvier 1973, n° 20B (comme Ecole de Véronèse) ;

Acquis lors de cette vente par Marshall Spink ;

En prêt à Ranger's House, Greenwish (1995-1998) ;

Vente anonyme ; Londres, Christie's, 16 décembre 1998, n° 49 ;

Probablement acquis lors de cette vente par la famille de l'actuel propriétaire ;

Collection particulière, Paris

Bibliography:

Pierre-Jean Mariette, Notes sur les peintres et les graveurs, Paris, 1740-1770, II, ed. 1969, p. 302, n° 31

Gustav Friedrich Waagen, Treasures of Art in Great Britain, Londres, 1854, III, p. 171

Terisio Pignatti et Theodore Crombie, "Veronese and his interest in Landscape in the 1580's. The Rest on the Return from Egypt in context", Apollo, CXVI, n° 247, septembre 1982, p. 140-145

Terisio Pignatti et Filippo Pedrocco, Veronese. Catalogo completo, Florence, 1991, p. 287, n° 215

Terisio Pignatti et Filippo Pedrocco, Veronese, Milan, 1995, II, p. 443, n° 335

Comment:

Notre tableau de Véronèse s’inscrit dans les recherches picturales sur le paysage développées par le peintre vénitien au cours des premières années de la décennie 1580. Cette iconographie, appréciée du peintre, donne lieu à plusieurs versions réalisées par l’artiste et son atelier comme celle anciennement dans la collection Syon House, celle du Ringling Museum à Sarasota, de la collection Borletti ou encore du musée Pouchkine à Moscou. Notre œuvre présente de nombreuses affinités stylistiques avec le tableau de la National Gallery of Canada d’Ottawa (n° d’inv. 4268, fig. 1), cité par le biographe du XVIIe siècle Carlo Ridolfi, que les spécialistes de l’artiste datent de 1580-1581.

Avant la découverte de notre tableau, Paolo Ticozzi avait songé que l’estampe de Pierre Brebiette (fig. 2) interprétait en contrepartie la version dans la collection Borlotti1. Toutefois, il existe plusieurs variantes qui ont permis à Terisio Pignatti et Theodore Crombie d’écarter cette hypothèse et de conclure que notre tableau était l’œuvre originale prise pour modèle par Brebiette. Grâce à l’interprétation gravée qu’en donna Pierre Brebiette au XVIIe siècle et aux notes manuscrites que Pierre-Jean Mariette rédigea sur les estampes du prince Eugène de Savoie en vue de la préparation du catalogue de sa collection de gravures, nous pouvons identifier notre version comme celle qui se trouvait au XVIIIe siècle dans les collections de la famille de « M. de la Vrillière » (fig. 3), probablement Louis III Phélypeaux, comte de Saint-Florentin, marquis de la Vrillière (1705-1777), descendant de Louis Ier Phélypeaux de La Vrillière, qui réunit de nombreux tableaux italiens dans sa fameuse Galerie dorée de son hôtel (actuelle banque de France). Notre tableau se trouve toujours dans son cadre français datant du début du XVIIIe siècle, ce qui vient étayer l’hypothèse selon laquelle le tableau se trouvait en France durant le Siècle des Lumières.

Le tableau entra probablement ensuite dans la collection des ducs de Suffolk et de Berkshire à Charlon Park par le biais de John, quinzième comte du nom, qui avait acquis une Sainte Famille d’Annibale Carrache auprès de la collection Orléans. Une étiquette au verso témoigne des errances d’attribution du tableau qui était autrefois donné à Lorenzo Lotto. Gustav Friedrich Waagen, qui le vit lors de sa visite à Charlton Park, le rapproche du corpus de Veronese mais le tableau semble être toujours attribué à Lotto au début du XXe siècle. En 1973, Margaret, comtesse de Suffolk et de Berkshire, se défait du tableau alors décrit comme « Ecole de Paolo Veronese ». Il fut alors acquis par Marshall Spink, marchand londonien qui le restaura.

Le thème ici représenté n’est pas celui de la fuite en Egypte mais du retour d’Egypte comme l’en atteste l’âge plus avancé de l’Enfant. Deux anges ailés s’approchent de la Vierge et de Jésus afin de leur apporter des fruits tandis que Joseph, figure repoussoir, est placé de dos servant du vin. A ce premier symbole de la Passion vient s’ajouter le pain déposé sur un linge blanc, motif lié à l’Eucharistie.


1.Immagini dal Veronese. Incisioni dal sec. XVI al XIX, Rome, 1978-1978, n° 19.


Auctioneer

Matthieu FOURNIER
Auctioneer
Tel. +33 1 42 99 20 26
mfournier@artcurial.com

Contacts

Léa PAILLER
Sale Administrator
Tel. +33 1 42 99 16 50
lpailler@artcurial.com

Bids Office

Kristina Vrzests
Tel. +33 1 42 99 20 51
bids@artcurial.com

Actions