(Restaurations)
Sans cadre
Descent from the Cross, resineous tree panel, by A. de Comontes
59.44 x 45.07 in.
Collection Julien Gréau, Paris ;
Sa vente, Paris, Hôtel Drouot, Mes Walther et Ader, 25 février 1939, n° 4 (comme Ecole de l'Espagne du Nord) ;
Vente anonyme ; Paris, Hôtel Drouot, Piasa, 18 juin 2014, n° 1 ;
Acquis lors de cette vente par l'actuel propriétaire ;
Collection particulière, Ile-de-France
Chandler Rathfon Post, History of Spanish Painting, Cambridge, 1947, vol. IX, 1, p. 327-328, vol. X, 1950, p. 415 (Correa de Vivar)
Si le nom de Juan Correa de Vivar (1510-1566) était traditionnellement associé à cet impressionnant panneau, celui-ci a été attribué en 2012 par Guillaume Kientz au peintre espagnol Antonio de Comontes. Actif à Tolède au début du XVIe siècle, il se forma auprès de Juan de Borgoña (v. 1470-1533/1536) avant de devenir son proche collaborateur. Durant cette commune entreprise furent notamment produits, en 1513, les trois panneaux sommitaux du retable du maître-autel de l’église San Andrés de Tolède, qui nous permettent aujourd’hui de reconstituer par comparaison le corpus de cet artiste particulièrement rare.
Notre panneau frappe par la monumentalité de ses figures et leur hiératisme qui ne peuvent que suggérer au spectateur une attitude de recueillement dans sa contemplation. L’épisode biblique de la Descente de Croix ici représenté s’articule autour de la puissante ligne horizontale décrite par la traverse de la Croix qui semble se prolonger au-delà du cadre, et d’un réseau de lignes verticales. La composition exprime ainsi par ses formes et ses tensions une dynamique descendante, une pesanteur inexorable qui entraîne les corps vers la terre et traduit avec virtuosité la symbolique de la scène. Le corps meurtri du Christ nimbé est accueilli par les bras de sa mère qui le regarde avec une profonde tristesse, tandis que Jean et Joseph d’Arimathie retiennent sa chute à l’aide d’un drap. Sur une échelle, Nicodème retire le dernier clou du supplice et Marie Madeleine, agenouillée, supporte le poids du Christ comme elle endure la peine de sa perte, particulièrement visible sur son visage.
Une Crucifixion attribuée à Comontes et aujourd’hui conservée au musée national de sculpture de Valladolid – ville où l’artiste fut également actif – permet d’apprécier, en la rapprochant de notre panneau, sa manière de peindre (Fig. 1). Les carnations sont notamment modelées grâce à des couleurs grisâtres qui accentuent l’expressivité et le dramatisme des émotions des figures. Le traitement du nimbe du Christ, en forme de disque doré est décoré par de fines foliations rouges. Enfin, le dessin du visage des figures révèle une remarquable finesse s’agissant de la Vierge, du Christ ou de Marie Madeleine et une épaisseur des traits caractéristique pour certaines figures périphériques telles que Jean ou Nicodème.
Fig. 1 : Antonio de Comontes, Crucifixion, huile sur panneau, 197 x 96,5 cm, v. 1540, Valladolid, musée national de sculpture, n° d’inv. CE1007.
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