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D'après Antoine-Louis BARYE
Lion au serpent
Estimate:
€150,000 - 200,000

Description

D'après Antoine-Louis BARYE
Lion au serpent
Bronze à patine brune

Signé et daté 'BARYE / 1832' sur la base à gauche 

Porte la marque du fondeur 'REPRODUCTION RÉALISÉE PAR L'ATELIER / GILLES PERRAULT / POUR LE MONUMENT D'A-BARYE A PARIS', le cachet du fondeur 'FIE / CHAPON / PARIS' et numéroté 'EA I/IV' sur la base à l'arrière 

135 x 175 x 95 cm
Comment:

Œuvres en rapport :

Antoine-Louis Barye, Lion au serpent, bronze, H 135 cm x L 175 cm x P 95 cm, Paris, musée du Louvre, n° d’inv. LP 1184 (Fig. 1)

D’après Antoine-Louis Barye, Lion au serpent, bronze, H 135 cm x L 175 cm x P 95 cm, Paris, île Saint-Louis, Monument dédié A.-L. Barye


Lancé par le succès du Salon parisien de 1831, Antoine Louis Barye confirme les espérances suscitées lors de l’exposition suivante en présentant un impressionnant plâtre représentant le Lion au serpent. Si ce type d’épisode est illustré par les peintres, il reste néanmoins inédit pour un sculpteur. L’œuvre, saluée par la critique, frappe autant par la violence de son sujet que par sa virtuosité et son réalisme. Cette approche naturaliste coïncide avec l’arrivée de cinq lions et huit lionnes d’Afrique à la Ménagerie du Muséum à la suite de la prise d’Alger le 4 novembre 1830 par la France. Conçue dans une atmosphère chargée de tensions, une lecture politique de l'œuvre a également été proposée, identifiant le lion comme symbole du nouveau régime de la monarchie de Juillet - né sous les auspices de ce signe zodiacal - terrassant en 1830 les tentatives de révolte.

Une fonte à la cire perdue réalisée par Honoré Gonon (Fig. 1)fut présentée au Salon de 1836 et acquise par Louis-Philippe pour être installée au Jardin des Tuileries où elle restera jusqu'en 1911 avant de rejoindre les collections du Louvre.

Un écrit d'Alfred de Musset dans la Revue des Deux-Mondes du 15 avril 1836 résume à merveille l'effet produit sur le public parisien par le combat de ces deux animaux sauvages : « Le lion en bronze de M. Barye est effrayant comme la nature. Quelle vigueur et quelle vérité ! Ce lion rugit, ce serpent siffle. Quelle rage dans ce mufle grincé, dans ce regard oblique, dans ce dos qui se hérisse ! Quelle puissance dans cette patte posée sur la proie ! Et quelle soif de combat dans ce monstre tortueux, dans cette gueule affamée et béante !1 » Le Lion au serpent fut l'un des succès les plus retentissants de Barye et reste aujourd'hui encore l'une de ses œuvres les plus emblématiques.

Notre bronze, de dimensions identiques à cette première et unique fonte monumentale de l’artiste, est quant à lui issu du même moule et de la même fonderie que l’exemplaire qui orne aujourd’hui le monument dédié à Antoine-Louis Barye, situé dans le square éponyme, à la pointe orientale de l’île Saint-Louis, à Paris (Fig. 2).

Érigé en 1894 pour rendre hommage à l’artiste, ce monument fut conçu grâce à une souscription organisée par un ensemble de sculpteurs, parmi lesquels figuraient Emmanuel Frémiet et Eugène Guillaume. Si la ville de Paris participa à hauteur de vingt mille francs, la réputation de l’artiste était telle que la somme totale réunie – en France et aux Etats-Unis – s’éleva à plus de quatre-vingt-onze mille francs.

En 1942, le Thésée terrassant le centaure Bienor et le Lion au serpent, qui ornaient les terrasses latérales du monument, furent fondus sous l’Occupation afin de contribuer à la production d’armement. Depuis lors, le mémorial privé de ces deux œuvres demeurait mutilé. En 2011, il bénéficia d’une remarquable campagne de restauration, financée grâce au mécénat de l’entreprise taïwanaise Chi Mei. Grâce à ce soutien, les deux sculptures purent être reproduites et réinstallées respectivement en 2011 et en 2014.

Le moule moderne ayant permis de restituer au monument une grande partie de sa splendeur est ainsi le même que celui utilisé pour réaliser notre bronze, lui aussi coulé par cette même fonderie. Deux exemplaires monumentaux à la taille de l’original de 1836 furent fondus en 2011 ; l’un se trouve donc sur le monument dédié à Barye et le second est offert ici au feu des enchères.


1 : Extrait cité par Eugène Guillaume dans la préface de l'ouvrage de Roger Ballu, L’Œuvre de Barye, Paris, 1890.


Fig. 2 : Photographie du monument dédié à Antoine-Louis Barye, à Paris sur l’Île Saint-Louis.

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