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MOBILIER DE SALON ALLEMAND DU DÉBUT DU XIXe SIÈCLE, BERLIN
D'après un dessin attribué à Christian Friedrich Gottlieb Schadow (1761-1831) ou Heinrich Karl Riedel (1756-1821)
Estimate:
€6,000 - 8,000

Description

MOBILIER DE SALON ALLEMAND DU DÉBUT DU XIXe SIÈCLE, BERLIN
D'après un dessin attribué à Christian Friedrich Gottlieb Schadow (1761-1831) ou Heinrich Karl Riedel (1756-1821)

En bois noirci, ornementation de bronze ciselé et doré, comprenant six chaises et un canapé, le dossier ajouré à décor de palmes stylisées, les pieds en sabre, garniture de tapisserie au gros point à décor polychrome floral ou de figures mythologiques sur fond vert et passementerie

Dimensions (chaises) :

H. : 83,5 cm (32 ¾ in.)

l. : 38 cm (15 in.)

Dimensions (canapé) : 

H. : 86 cm (33 ¾ in.)

l. : 180 cm (71 in.)

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Bibliographie comparative :

H. Schmitz, Deutsche Möbel des Klassizismus, Verlag von Julius Hoffmann, Stuttgart, p. 153 et p. 185 ;

P. Seidel, Kunst und Gewerbe in den königlichen Schlössern, Hohenzollern-Jahrbuch, Berlin-Leipzig, 1909, p. 158 et p. 263 ;

A. Stiegel, Berliner Möbelkunst vom Ende des 18. bis zur Mitte des 19. Jahrhunderts, p. 520. 


A German gilt-bronze mounted and ebonized salon suite, comprising six chairs and sofa, Berlin, early 19th century, after a drawing by Christian Friedrich Gottlieb Schadow (1761-1831) or Heinrich Karl Riedel (1756-1821)


Cet ensemble de sièges, avec leur structure mêlant des pieds en sabre fortement arqués et un dossier ajouré orné de motifs palmiformes stylisés, reflète les tendances artistiques présentes à la cour prussienne au début du XIXe siècle.

 

En effet notre ameublement se rapproche d’un certain nombre des dessins des célèbres architectes Christian Friedrich Gottlieb Schadow (1761-1831), Heinrich Karl Riedel (1756-1821) et du jeune Karl Friedrich Schinkel.

 

Entre 1799 et 1804, Schadow s’occupa des travaux d’aménagement et de décoration intérieure de deux appartements dans le Stadtschloss à Potsdam pour le Roi de Prusse Friedrich Wilhelm III et son épouse Louise travaillant avec les meilleurs artisans de l’époque.

 

De cette période est conservée une chaise (cfr. fig. 1) avec des ornements incrustés à l’étrusque, dont la forme et la structure en bois noirci teinté ressemblent étroitement à celle de nos chaises (illustrée dans H. Schmitz, ibid., p. 185).

 

À ce propos, il convient aussi de rappeler le dessin d’une chaise par Schadow daté 1808 (cfr. fig. 2) ou bien quelques dessins de lanternes d’extérieures par Schadow et Riedel (cfr. fig. 3) qui ne sont pas sans rappeler le décor de brin de feuillage ajouré que l’on retrouve sur le dossier de notre ensemble.


Dans son ouvrage dedié aux nouveaux appartements du Château de Potsdam, l’historien de l’art allemand Paul Seidel nous renseigne entre autres sur la livraison de « chaises en poirier dont une partie noirci façon ébène » par le menuisier Friedrich Wilhelm Haensch (quatre chaises « von Birnbaum und schwarz eben Holz, reich mit etrurischen Verzierungen in bunten Couleures ausgefüllt » et huit chaises « von Birnbaumholz reich mit etrurischen Verzierungen. In Schwarz ausgefüllt » (cfr. P. Seidel, ibid., p. 158; voir aussi A. Stiegel, ibid., p. 520).

 

Des bronzes très proches, réalisés par le bronzier Johann Christoph Ermisch, se retrouvent sur le bureau de la reine Luise (cfr. fig. 4), livré par l’ébèniste Hamann pour le Stadtschloss de Postdam en 1800 (cfr. P.Seidel, ibid. p. 263).

 

Tous ces éléments nous induisent à conclure que cet ensemble pourrait être l’œuvre du menuisier Friedrich Wilhelm Haensch (mentionné 1782-1814) avec la collaboration du bronzier Johann Christoph Ermisch (mentionné 1794-1803).

 

La rareté de notre mobilier est accrue par sa provenance prestigieuse ; en effet ils faisaient probablement partie d’un groupe plus vaste qui comprenait à l’origine au moins douze chaises et deux canapés.

 

La deuxième moitié de cet ensemble (un canapé et cinq chaises, la sixième ayant disparu pendant la deuxième Guerre Mondiale) se trouve depuis 1909 dans les collections du Landesmuseum Württemberg (inv. 9,556; 9,557; G 9,559; G 9,560; G 9,561; G 9,562) à Stuttgart (cfr. fig. 5) au moment ou elle fut léguée au Musée par le docteur Sieglin après l’avoir acquis auprès du marchand berlinois J. Klausner & Sohn.

 

L’inventaire du musée de Stuttgart nous apprend que l’ensemble provenait des collections du grand militaire prussien Gerhard Leberecht Blücher, fameux général et vainqueur de Napoléon avant d’intégrer les collections du château de Jacobsdorf (cfr. fig. 6) (Jakubowice) dans l’ancienne Silésie (actuellement Pologne); nous pouvons rappeler que depuis les années 1820 ce château appartenait à Moritz von Prittwitz und Gaffron (1795-1885), lui aussi général des armées prussiennes.

 

Nous pouvons donc imaginer que notre mobilier ait connu le même destin de l’ensemble du Musée au moins jusqu’à la mort du General Prittwitz à la fin du XIXe siècle.

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