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Daniel BUREN (1938-)
Point de vue ou Le Corridorscope - Extrait n°10, travail situé - 1983-2003
Estimate:
Estimate on demand

Complete Description

Point de vue ou Le Corridorscope - Extrait n°10, travail situé - 1983-2003
Peinture acrylique blanche sur tissu rayé de bandes blanches et noires (diptyque)
240 cm x 280 cm x 6 cm
Provenance:

Galerie Jean Brolly, Paris

Cueto Art Advisory & Curation, New York

Acquis directement auprès de cette dernière par l'actuel propriétaire

Exhibitions:

Paris, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, Points de vue ou le Corridorscope, mai-juin 1983

Certificate:

Un avertissement (certificat) sera rédigé par l'artiste au nom du nouvel acquéreur.

Comment:

Cette oeuvre a été réalisée en mai 1983 et septembre 2003.


White acrylic on black and white striped fabric (diptych); 94 ½ x 110 ¼ x 2 ⅜ in.


Estimation sur demande

Estimate on request







Monstre sacré de l’art contemporain, fort d’une carrière s’étendant sur les six dernières décennies, Daniel Buren (né en 1938) a changé la façon de concevoir l’œuvre d’art, en remettant en question les conventions du musée et du marché de l’art. 


Dès le début des années 1960, il développe une peinture de plus en plus radicale, fondée sur une économie de moyens et sur une réflexion autour des rapports entre le fond (le support) et la forme (la peinture). En 1965, au Marché Saint-Pierre, il découvre une toile de store à bandes verticales alternées. Ce motif le fascine immédiatement, car il lui permet d’aborder la création artistique sous un angle volontairement impersonnel. Peu à peu, Daniel Buren réduit son intervention picturale jusqu’à atteindre ce qu’il appelle le « degré zéro » de la peinture. Dans cette optique, il produit plusieurs œuvres sur tissu rayé.


En 1967, il participe, aux côtés de trois de ses amis, au 18ᵉ Salon de la Jeune Peinture. Ensemble, ils fondent le groupe B.M.P.T., réunissant Daniel Buren, Olivier Mosset, Michel Parmentier et Niele Toroni. Les quatre artistes se rejoignent autour d’une pratique commune fondée sur la répétition systématique d’un même motif et sur une volonté affirmée de s’opposer à la scène artistique parisienne alors jugée trop académique et dominée par l’École de Paris. Le groupe B.M.P.T. ne se contente pas d’interroger les limites physiques de la peinture : il en explore également les dimensions sociales et politiques au sein de l’environnement artistique. Dans cette démarche, précision, rigueur et radicalité sont poussées à l’extrême.

À partir de 1968, redevenu indépendant, Daniel Buren poursuit sa réflexion sur la peinture, ses modes de présentation et, plus largement, sur le mur, l’espace et la question même de l’exposition.


L’artiste définit son outil visuel comme l’unique élément immuable et invariable de toute son œuvre : les bandes verticales alternées, blanches et colorées, caractéristiques, mesurant 8,7 cm de large. Comme dans le diptyque daté de 1983 proposé à la vente, les couleurs n’entrent pas en jeu et agissent pour elles-mêmes, de manière brute. Seules les deux bandes extérieures sont recouvertes de peinture blanche.

Pour l’artiste, ce motif constitue avant tout un instrument révélateur destiné à être déployé dans l’espace, la base d’un vocabulaire plastique à inventer. Disposé avec justesse, il attire l’attention tout en s’intégrant au lieu qui l’accueille. A la manière de ponctuations, ces bandes répétées, révèlent des dimensions, des rythmes, elles incitent le spectateur à regarder autrement. Il ne faut cependant pas considérer cet outil visuel comme un simple motif répété à l’infini. L’œuvre de Daniel Buren ne réside pas dans le signe lui-même, mais bien dans ce que ce signe montre et révèle au spectateur attentif.


Buren est sans doute l’un des artistes les plus prolifiques de son temps. En 1986, il réalise l’une de ses commandes publiques les plus controversées, Les Deux Plateaux, installée dans la cour d’honneur du Palais-Royal à Paris et la même année, il reçoit le Lion d’Or à la Biennale de Venise.

Sa signature stylistique -l’iconique bande verticale- n’est pas seulement un motif distinctif. Par le biais de ses toiles rayées, l’artiste invite le spectateur à une nouvelle perception de l’espace.




A towering figure of contemporary art, with a career spanning the last six decades, Daniel Buren (born 1938) has transformed the way works of art are conceived by challenging the conventions of the museum and the art market.

 

From the early 1960s onward, he developed an increasingly radical form of painting, grounded in an economy of means and in a reflection on the relationship between ground (the support) and form (the paint). In 1965, at the Marché Saint-Pierre in Paris, he discovered a striped awning fabric with alternating vertical bands. The motif immediately fascinated him, as it allowed him to approach artistic creation from a deliberately impersonal perspective. Gradually, Daniel Buren reduced his pictorial intervention until reaching what he called the “zero degree” of painting. With this in mind, he produced several works on striped fabric.

 

In 1967, alongside three of his friends, he took part in the 18th Salon de la Jeune Peinture. Together they founded the group B.M.P.T., bringing together Daniel Buren, Olivier Mosset, Michel Parmentier and Niele Toroni. The four artists shared a common practice based on the systematic repetition of a single motif and a clear desire to oppose the Parisian art scene, then considered overly academic and dominated by the École de Paris. The B.M.P.T. group did not merely question the physical limits of painting; it also explored its social and political dimensions within the artistic environment. In this approach, precision, rigour and radicality were pushed to the extreme.

From 1968 onward, once again working independently, Daniel Buren continued his reflection on painting, its modes of presentation and more broadly on the wall, space and the very notion of exhibition.

 

The artist defines his “visual tool” as the only immutable and invariable element throughout his entire body of work: the characteristic alternating vertical bands, white and coloured, measuring 8.7 cm in width. As in the diptych dated 1983 presented in this sale, colour does not come into play and acts in its raw state. Only the two outer bands are covered with white paint.

For the artist, this motif above all constitutes a revealing instrument meant to be deployed in space, the basis of a visual vocabulary to be invented. When carefully placed, it draws attention while simultaneously integrating into the site that hosts it. Like punctuation marks, these repeated bands reveal dimensions and rhythms, encouraging the viewer to look differently. This visual tool, however, should not be regarded as a simple motif repeated ad infinitum. Daniel Buren’s work does not reside in the sign itself, but rather in what that sign shows and reveals to the attentive viewer.

 

Buren is undoubtedly one of the most prolific artists of his time. In 1986, he created one of his most controversial public commissions, Les Deux Plateaux, installed in the Cour d’Honneur of the Palais-Royal in Paris, and in the same year he received the Golden Lion at the Venice Biennale.

His stylistic signature -the iconic vertical stripe- is not merely a distinctive motif. Through his striped canvases, the artist invites the viewer to experience space in a new way.



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