Petit in-folio de format in-8, veau blond, dos lisse orné, roulette intérieure (Reliure du XVIIIe siècle).
Bechtel, 684/S-36 // Brunet, V-42 // Macfarlane, 187 // Renouard, ICP,
I, n° 115 // Rothschild, I-478 // Tchemerzine-Scheler, V-625 // USTC, 8304 et 767973.
(180f.) / aa-zz6, クク6, AA-FF6 / 30 lignes, car. goth. / 124 x 183 mm.
Édition originale rare.
Octovien de Saint-Gelais, né à Cognac vers 1468, étudia la théologie et entra dans les ordres, ce qui ne l’empêcha pas de mener très jeune une vie de plaisir et de composer des vers galants. Conséquence de ses débordements, une maladie contractée fort jeune le contraignit à modérer ses excès. Il se consacra dès lors à sa carrière et fut nommé à 26 ans évêque d’Angoulême, probablement grâce à Charles VIII à qui il avait dédié plusieurs ouvrages. Il mourut en 1502, âgé de 34 ans, laissant notamment derrière lui son œuvre maîtresse : Le Séjour d’honneur.
Long poème allégorique dans le genre du Roman de la Rose, Le Séjour d’honneur est un prosimètre, c’est-à-dire une forme poétique mêlant des vers de mètres variés et intégrant des passages en prose. Dans ce texte, le poète, trop longtemps guidé aveuglement par Sensualité, Abus et Vaine plaisance, prend enfin la voie de la Cour et de la Raison. Trois épisodes principaux jalonnent son parcours : l’échelle de fortune, la forêt d’aventures aux nombreux tombeaux et la mer mondaine où flottent les corps des disparus. Arrivé à la Cour, qui est le Séjour d’honneur, le poète décrit les usages, les costumes et les mœurs.
L’ouvrage est dédié dans le prologue à Charles VIII et l’auteur, au début de son texte, indique également qu’il le composa à l’âge de 24 ans, soit vers 1492 compte tenu de sa date de naissance aux environs de 1468.
Titre en grandes lettres gothiques, 30 bois dans le texte, de différentes tailles, dont certains furent utilisés pour le Chevalier délibéré ou les Ordonnances de la prévôté des marchands et nombreuses lettrines parfois grotesques. Marque de Vérard au dernier feuillet. Dans certains exemplaires, comme dans celui de la bibliothèque Masson, cette marque est celle du libraire-imprimeur André Bocard, qui prit la suite de Vérard en 1508.
Quelques défauts et restaurations anciennes à la reliure, débuts de fente aux mors, manques aux charnières, coins usés. Titre sali avec inscriptions manuscrites anciennes et mouillure.
Provenance :
D. Croquevin (?, ex-libris manuscrit au verso du titre).