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Attribué à Maria van OOSTERWIJCK Nootdorp, 1630 - Uitdam, 1693
Composition aux coupes de fruits, légumes et bouquet de fleurs sur un entablement
Estimate:
€100,000 - 150,000

Description

Attribué à Maria van OOSTERWIJCK Nootdorp, 1630 - Uitdam, 1693
Composition aux coupes de fruits, légumes et bouquet de fleurs sur un entablement
Huile sur toile

Composition with fruit and vegetable bowls and a bouquet of flowers on an entablature, oil on canvas, attr. to M. van Oosterwijck

42.51 x 59.44 in.

108 x 151 cm
Provenance:

Collection B. Schroder Esq. ;

Vente anonyme ; Londres, Christie's, 30 novembre 1979, n° 47 (comme Attribué à Adriaen van Utrecht) ;

Vente anonyme ; Vienne, Dorotheum, 18 décembre 2025, n° 140 (comme Ecole hollandaise du XVIIe siècle) ;

Collection particulière européenne

Comment:

Notre composition opulente et dynamique interroge et fascine. Par le biais de cette toile de très grand format, notre artiste souhaite affirmer avec force et vigueur son talent de peintre de fleurs et de fruits. Branches de néfliers, coings, pêches et prunes tombant d’un panier renversé, melon, orange et citron entamés, fraises des bois, raisins, grenade, asperges et courge mais aussi papillon, chenille et mouche : notre peintre est habile et nous invite à l’enchantement et à la délectation ! Il démontre son habilité à traduire par le pinceau différentes matières telles que le tissage du tapis d’orient qui s’étend sur la partie gauche de l’œuvre, le décor bleu et blanc de la coupe de céramique chinoise Wan-Li ou encore le cristal du vase et à animer l’ensemble par des jeux de déséquilibre. Parmi ces somptueux détails, le ravissant bouquet de fleurs constitue peut-être la partie la plus délicate et raffinée de notre tableau.

De prime abord, notre tableau nous semble offrir des caractéristiques le rattachant au milieu français. Le foyer artistique parisien du XVIIe siècle attire des peintres des régions du Nord qui s’établissent dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, en marge de la ville, dans une zone qui échappait alors à la juridiction stricte de la corporation des peintres et sculpteurs parisiens qui visait à protéger les artistes locaux de l’arrivée d’une concurrence étrangère. Attirés par un marché florissant et par l’organisation annuelle de la foire de Saint-Germain que fréquente de prestigieux commanditaires, de nombreux peintres de natures mortes originaires des Pays-Bas méridionaux et septentrionaux s’implantent dans ce quartier, travaillant en lien continu avec des marchands restés dans leurs régions d’origine. Si certains y font carrière comme Jean-Michel Picart, d’autres y effectuent un bref séjour comme Willem van Aelst (1627-1683). Le peintre delftois travailla en France durant cinq à six ans puis se rendit en Italie avant de revenir aux Pays-Bas vers 1656. A Paris, Willem van Aelst adopte un style raffiné au contact de ses compatriotes comme Willem Kalf et Picart mais aussi des peintres parisiens actifs à la même période comme Louyse Moillon. Au terme de son long séjour à l’étranger Willem van Aelst se fixe à Amsterdam et reçoit de jeunes artistes et collaborateurs dans son atelier comme Maria van Osterwijck. Cette dernière devient assistante de Willem van Aelst tout en réalisant des commandes à titre particulier. Très vite à son compte à partir de 1669, elle maintint néanmoins une très grande proximité avec Willem van Aelst. Tous deux habitent dans une grande proximité dans la Nieuwe Keizergracht et leurs ateliers sont contigus. Notre tableau qui s’inscrit dans une tradition française pourrait avoir été réalisé par Maria van Oosterwijck qui, par sa proximité avec van Aelst, avait pu se familiariser avec l’écriture française.

Fille de pasteur, Maria van Oosterwijck travaille dans l'ensemble de la Hollande : à Delft, puis Utrecht et enfin Amsterdam. Elève de Abraham van Beyeren à Delft entre 1656 et 1658, elle devint à partir de son emménagement à Utrecht en 1660 l'élève de Jan Davidsz. de Heem pendant une période probable de cinq ans avant qu'elle ne quitte cette ville en 1666 pour rejoindre Amsterdam. Maria van Oosterwijck possède une clientèle variée et prestigieuse. Elle livre ainsi des œuvres à Guillaume III d’Angleterre ainsi qu’à Louis XIV. Par son caractère somptueux et éclatant, la qualité du bouquet de fleurs, ainsi que par sa touche, notre tableau peut être rapproché du tableau de Maria van Oosterwijck vendu dans nos salles le 21 mars 2018 (fig. 1)1. La façon de peindre le melon découpé, de représenter les fleurs avec tant d’acuité ou encore de placer des touches lumineuses sur les décors de la porcelaine chinoise sont autant d’éléments qui nous permettent de rapprocher notre toile de l’œuvre de Maria van Oosterwijck.


  1. Vente Artcurial, Paris, 21 mars 2018, n° 111

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