De forme octogonale, le cadre en or émaillé polychrome, serti de cabochons rouges à l'imitation du rubis et de trèfles verts, la plaque arrière à décor fixé sous verre à décor de perroquets, phénix et grotesques sous un dais ; le miroir d'époque postérieure
Or 14K
Dimensions : 8 x 8,5 cm (3 ¼ x 3 ¼ in.)
Poids : 80 gr.
Provenance :
Ancienne collection du Baron Edouard de Rothschild (1868-1949), dans le fumoir de l’Hotel Saint-Florentin, rue de Rivoli, Paris ;
Saisi auprès du précèdent en 1940 par l'Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg pendant l'Occupation de la France (inv. n. R 2466) ;
Restitué à la famille Rothschild en juillet 1946 ;
Puis par descendance jusqu’à vente Christie’s New York, Rothschild Masterpieces : The Kunstkammer, le 12 octobre 2023, lot 106 ;
Acquis au cours de cette dernière par le propriétaire actuel.
Bibliographie comparative :
F. Ryser et B. Salmen, « Amelierte Stuck auf Glas / (…) – Hinterglaskunst von der Antike bis zur Neuzeit, 2e Edition, Murnau, 1997, pp. 138 – 139 cat. G 20, 144 – 145 cat. G 28.
E. Ambrosio, G. Porzio, Victor Bieler – Un pittore Svizzero nella Napoli del Seicento, 2024, p. 14-15 figs. 2-3, p. 25 fig. 12, p. 39-43 figs. 28-35.
A gold and polychrome enamel mirror, the back panel 17th century, attributed to Victor Bieler, the frame by Alfred André, Paris,19th century
Le panneau arrière de notre miroir est une peinture sous verre réalisée avec la technique de l’«Amelierung ». Ce procédé, attesté dès 1530 à Nuremberg et répandu en Suisse à partir de 1600, consiste à allier une feuille d’or ou d’argent, collée puis gravée précédemment sur le verre, à des couleurs translucides. Une seconde feuille métallique (souvent d’argent ou d’étain), lisse ou froissée, est finalement appliquée pour un rendu plus brillant.
Notre peinture sous verre peut être attribuée au maitre VBL, dont l’identité a été récemment établie. Il s’agit de Victor Bieler (1605-1656?), d’origine Suisse (Soleure). Après sa formation à Lucerne et probablement ensuite chez Johann Jakob Sprüngli à Zurich, il émigre vers 1625 en Italie, d’abord à Rome et finalement à Naples, où il ouvre son propre atelier sous le nom de Vittorio Billa. Les « Amelierungen » ornementales de VBL décoraient principalement des armoires de cabinets et des cadres (cfr. figs. 1-2-3-4) et reflètent surtout la forte influence des eaux-fortes de Hertzich van Bein (vers 1589 – 1604).
Le cadre quant à lui date de la deuxième moitié du XIXe siècle et est l’œuvre du célèbre orfèvre Alfred André (1839-1919) ; à ce propos rappelons que le moulage en plâtre pour ce modèle de cadre est illustré dans A. Kugel, R. Distelberger et M. Bimbenet-Privat, Joyaux Renaissance. Une splendeur retrouvée, Florence, 2000, pl. XXIV, fig. f (cfr. fig. 5)
La qualité inégalée de son œuvre lui apporte une reconnaissance internationale, une clientèle prestigieuse et lui donne une place unique dans l'histoire des arts décoratifs.