Signé
65 x 50 cm
Walnut stain on paper; signed
25.59 × 19.68 in.
Collection personnelle de Françoise Marquet et Zao Wou-ki
Acquis directement auprès de ces derniers par l’actuel propriétaire
L’œuvre est enregistrée dans les archives de l’artiste.
“Plus les moyens sont limités, plus l'expression est forte.”
Pierre Soulages
“Il symbolise le lien d’amitié entre Zao et Pierre, Colette et moi.”
Françoise Marquet
L’œuvre sur papier occupe, dans le parcours de Pierre Soulages, une place à part, portée par un développement propre que l'artiste n'a cessé d'approfondir au fil des décennies.
Cette composition en brou de noix en témoigne avec une remarquable intensité : elle oscille entre le hiératisme et le dynamisme qui caractérisent le travail de Soulages, faisant naître des formes à la fois dynamiques et équilibrées, traversées par un mouvement ou une tension intérieure contenue. Ce pigment naturel, utilisé dès ses débuts, confère à la matière une présence presque organique : il donne la sensation d'une matière vivante, évoquant tour à tour le vieux bois patiné et le fer rouillé.
Soulages joue avec la lumière en ménageant entre les surfaces peintes des espaces de réserve : le fond de la feuille affleure, capte la lumière et fait surgir, selon son incidence, de subtils accents colorés.
L’œuvre revêt enfin une dimension profondément personnelle. Elle symbolise le lien d’amitié qui unit dès les années 1950 Pierre Soulages et Zao Wou-Ki, mais aussi leurs épouses Colette et Françoise. Une amitié indéfectible, née autour de l’art et prolongée au fil des années, dont cette œuvre constitue un témoignage particulièrement intime.
Works on paper occupy a distinctive place in Pierre Soulages’ œuvre, following their own particular development that the artist continued to explore and deepen over the course of several decades.
This walnut stain composition bears remarkable witness to this: it oscillates between the hieratic quality and dynamism that characterize Soulages’ work, giving rise to forms that are at once dynamic and balanced, imbued with a sense of movement or contained inner tension. This natural pigment, which the artist used from the very beginning of his career, lends the material an almost organic presence, creating the impression of a living substance, evoking in turn weathered old wood and rusted iron.
Soulages plays with light by leaving areas of the paper unpainted between the painted surfaces: the ground of the sheet comes to the fore, catching the light and revealing, depending on its incidence, subtle hints of colour.
The work also carries a deeply personal dimension. It embodies the bond of friendship that united Pierre Soulages and Zao Wou-Ki from the 1950s onwards, as well as their wives, Colette and Françoise. An enduring friendship, born out of their shared connection to art and sustained over the years, of which this work stands as a particularly intimate testimony.