Acrylique, verre, métal, bois et lettres en néon
46,1 x 187,2 x 14,3 cm l'ensemble
Acrylic, glass, metal, wood and neon letters 18.15 × 73.70 × 5.63 in.
Xavier Hufkens, Bruxelles
Acquis directement auprès de cette dernière par l'actuel propriétaire
"My work documents the tragedy inherent in the search for glamour"
Jack Pierson
La pratique artistique de Jack Pierson mêle photographie, sculpture, installation, peinture et objets trouvés, à travers lesquels il explore les divers courants émotionnels sous-jacents de la vie quotidienne, allant de l’intimité des liens amoureux à l’idéalisation de l’envie de voyager. Ses sculptures murales de grande envergure, composées de lettres de différentes tailles et de différents matériaux, s’opposent diamétralement à l’effet flou et estompé de ses photographies. Ces œuvres photographiques ont été comparées à des images tirées de road-movies, dont la course extatique vers l’épanouissement s’est gravée dans le paysage américain, tandis que ses « Word Pieces » sont elles aussi ancrées dans la nostalgie. Plutôt que de valoriser le rêve américain, il en révèle toutefois les dessous.
Pour composer ses « Word Pieces », Pierson récupère des enseignes abandonnées provenant d’établissements fermés, telles que des marquises de cinéma, de casinos ou de vitrines de magasins, ainsi que des panneaux de signalisation, des néons et d’autres éléments culturels éphémères. Le lettrage typique du milieu du siècle dernier évoque un sentiment de nostalgie, tandis que les phrases sont tirées du langage courant contemporain — glanées dans les cafés et lors de ses trajets quotidiens, ou empruntées à des aphorismes politiques et à des slogans publicitaires — dans des œuvres qui défamiliarisent le langage de tous les jours. Dans les années 1990, Pierson utilisait principalement des slogans qui rappelaient avec mélancolie l’âge d’or révolu d’Hollywood, tandis que ses œuvres plus récentes explorent des idées philosophiques. Concises et parfois laconiques, ces œuvres puisent dans la poétique de la culture moderne, en utilisant des citations classiques, littéraires et bibliques qui suscitent de subtiles associations chez le spectateur. Elles peuvent être considérées comme une variante américaine de la poésie concrète, où le langage lui-même est représenté par la combinaison habile du mot et de la matière.
Jack Pierson’s practice incorporates photography, sculpture, installation, painting and found objects through which he explores the varied emotional undercurrents of daily life, from the intimacy of romantic attachment to the idealisation of wanderlust. His large-scale wall sculptures composed of letters in different sizes and materials are diametrically opposed to the hazy, soft-focus effect of his photographs. These photographic works have been compared to images from road movies, whose rapturous race towards fulfilment have become etched into the American landscape, while his Word Pieces are similarly rooted in nostalgia. Rather than valorising the American Dream, however, he reveals the underbelly of this seductive ideal.
In composing his Word Pieces, Pierson collects abandoned signage from closed businesses, such as cinema marquees, casinos or storefronts, as well as road signs, neons and other cultural ephemera. The mid-century lettering evokes a sense of nostalgia, while the phrases are sourced from the contemporary vernacular —overheard in cafés and his daily commute, or borrowed from political aphorisms and advertising slogans— in works that defamiliarise everyday language. In the 1990s, Pierson primarily used slogans that were a melancholy reminder of the bygone Hollywood heyday, while his more recent works explore philosophical ideas. Concise and sometimes laconic, these works tap into the poetics of modern culture, using classical, literary and biblical quotations that evoke subtle associations for the viewer. They can be considered an American variant of concrete poetry, where language itself is represented through the skillful combination of word and material.