Comprenant 33 épreuves argentiques
10,8 x 16,5 cm
Légendées manuscritement sur un montage en carton orangé comme suit :
- « Vallée de l’Euphrate (mission photographique à Der-ez-Zor) (pilote : Cal. Mermoz observateur : Lt Azibert) (photo prise à 2000 mètre d’altitude) 17 mai 1922 » ;
- « Vallée de l’Euphrate 2000 m. 17 mai 1922 » ;
- « Der.ez.Zor sur l’Euphrate (ville frontière entre la Syrie et la Mésopotamie altitude 750 m. 17 mai 1922 » ;
- « Palmyre Colonnes à chapiteau Ruines de l’enceinte et maison des habitants de Tadmor » ;
- « Palmyre Ruines de Colonnades Le château des croisés » ;
- « Palmyre (Tademor) Colonnes et enceinte du temple du Soleil (au premier plan maisons arabes) » ;
- « Palmyre colonnes de porphyre à l’entrée de la grande colonnade » ;
- « Palmyre le temple du soleil » ;
- « Palmyre Le château des croisés (façade sud entrée du Pont levis) » ;
- « Palmyre bas-relief représentant les fils de la reine Zénobie (sarcophage) » ;
- « Palmyre Colonnes cannelées. Enceinte du temple du soleil et maisons arabes) » ;
- « Palmyre (Ruines et tombeau) » ;
- « Palmyre Le théâtre » ;
- « Palmyre Vue générale des ruines Le Sérail » ;
- « Palmyre La Grande Colonnade » ;
- « Palmyre (le Sérail et ruines) » ;
- « Palmyre (Entrée de la Grande Colonnade) » ;
- « Saïda (Sidon) Terrain d’aviation au bord de la mer atterrissage appareil Cal Mermoz » ;
- « Palmyre Le Château (façade Nord) » ;
- « Palmyre L’Escadrille Br.54. (« les Gazelles ») » ;
- « Saïda (Sidon) La ville et le Port (Vue prise en avion à 1500 m.) » ;
- « Palmyre le temple du soleil (Porte Nord de l’Enceinte) L’Ecole Française x » ;
- « Montagne des Druzes (Mon tani ?) en vol » ;
- « Tyr (800m) » ;
- « Ruines de Baalbek et Piotte allant vers Homs et Alep » ;
- « Vue générale de Baalbek et des Ruines Prise à 1000m. » ;
- « Ruines de Baalbek (Syrie) (Temples du Soleil et de Jupiter) Vue prise en avion : altitude 500 m. » ;
- « Palmyre bas-relief représentant la Reine Zénobie, ses ministres et sa garde (tombeau de la Reine) » ;
- « Palmyre Enceinte du Temple du soleil Inclinée d’au moins 20° » ;
- « Palmyre Arc de triomphe de l’Entrée de la Grande Colonnade » ;
- « Palmyre (Tadmor) (Vue prise en avion à 2500 m d’altitude) Les Ruines Le Cimetière Le Temple du Soleil x Les Jardins » ;
- « Palmyre La Grande Colonnade » ;
- « Le Mar – Beyrouth (Rivière de Beyrouth) (Dans le fond, les Monts du Liban) »
(Pliures, taches, usures, trous de fixation). Certains éléments du montage portant la mention « Mermoz » et un numéro au crayon, au dos.
On joint 9 photographies figurant des vues de la ville de Damas (grande mosquée, minaret, souk), des ruines de Baalbek, de la résidence du général Gouraud à Beyrouth établies à l’occasion de la foire exposition du ‘Grand Liban’ de 1921 ; anciennes traces d’humidité
10 x 14,5 cm
A rare and remarkable collection of photographs of Palmyra, including photographs taken by Corporal Jean Mermoz between 1921 and 1923 during his stay in Syria and Lebanon
- Jean Mermoz (1901-1936) ;
- Gabrielle Gillet-Mermoz (1880-1955) ;
- Puis dans la famille par descendance
« Mermoz toucha le terrain de Palmyre au soir du 4 décembre 1921. Comme l’heure et la saison s’appareillaient à celles où, des airs, je découvris le hameau royal, je puis juger facilement avec quelle violence cette majesté sans mesure marqua une sensibilité plus jeune, plus exaltée, plus religieuse que la mienne. Mermoz en conserva durant toute sa vie le mystique éblouissement. Le désert, à lui seul, donne le sens du divin. Mais lorsque ce désert fut jadis le siège d’un puissant empire, lorsque des miettes de monuments indiquent l’échelle de son faste et de son prestige évanouis, lorsque l’on sait qu’une reine ardente et belle y gouverna des peuples disparus, la poésie des siècles, de la poussière humaine et d’une ombre magnétique rend plus dense et plus vivante l’action des sables et des pierres qui semblent soudain peuplées de sortilèges.
Palmyre tout entière tenait dans l’antique enceinte d’un seul temple, celui du Soleil. Il haussait ses chapiteaux délabrés, les arcades croulantes au-dessus des chétives demeures bédouines. Et les vergers eux-mêmes, et les jardins se trouvaient à l’intérieur de ses débris gigantesques. Quelles furent donc les dimensions de la ville à l’époque où elle servait de capitale à la reine Zénobie ? Où les caravanes affluaient de tous les points de l’Empire ? Où les cultivateurs, les prêtres, les courtisans et les scribes animaient ses avenues, ses temples, ses champs, ses boutiques ? Où la souveraine vivante avait déjà accès à la légende ?
Seules des colonnades éparses, quelques piliers trouant le sable, la vague silhouette ruineuse d’un palais, ou d’un tombeau, semés sur des kilomètres, donnent à l’imagination une pâture confuse et infinie.
Aucun visage autant que celui de Mermoz n’a été environné d’espace et de solitude ? Il faut toujours quand on pense à lui, développer derrière ses traits un fond de sable, ou d’océan, ou de forêt vierge, ou de pics vertigineux. Mais il est singulièrement beau que la révélation de l’espace et de la solitude ait été donnée alors qu’il n’était pas majeur et dans un lieu où la véhémence muette du désert se mêlait aux traces d’une civilisation fabuleuse.
Au moment où Mermoz atterrit dans la capitale morte de la reine Zénobie, Palmyre était le bled à l’état pur. Tout à l’entour, sur des dizaines de lieues, le sable sans trace de végétation. Aucune route. Une ou deux pistes à peine perceptibles pour les chameaux. D’ailleurs, les caravanes étaient rares. Le désert était sillonné de tribus bédouines hostiles. […] Faisant figure de poste assiégé, Palmyre se protégeait derrière quatre réseaux de fil de fer barbelé. La liaison, le ravitaillement dépendaient de l’état assez précaire des moteurs de l’époque et du temps qui, par ses orages et ses pluies torentielles, ses tempêtes de sable, rendait souvent le vol impossible. »
Joseph Kessel, Mermoz