Dans un cadre en chêne richement sculpté et doré, travail probablement anglais de style Louis XV
The Awakening, oil on canvas, by J.-B. Greuze
48.81 x 38.38 in.
Collection Edwards ;
Sa vente, Paris, Hôtel Drouot, 25 mai 1905, n° 20 ;
Collection Charles Sedelmeyer ;
Paris, Galerie Sedelmeyer, Me Chevallier, 16-17-18 mai 1907, n° 206 (22 500 Frs à M. Leroux de Villiers) ;
Collection de Madame X ;
Sa vente, Paris, Galerie Charpentier, Mes Baudoin & Ader, 12 mai 1939, n° 16 ;
Collection Roberto Polo ;
Sa vente, Paris, Drouot Montaigne, Ader, Picard, Tajan, 30 mai 1988, n° 16 ;
Vente anonyme ; Monaco, Sotheby's, 22 décembre 1994, n° 83 ;
Vente anonyme ; New York, Sotheby's, 28 janvier 1999, n° 438 ;
Vente anonyme ; Paris, Sotheby's, 19 juin 2007, n° 34 ;
Collection particulière, Allemagne
100 tableaux de Maîtres Anciens, Paris, Galerie Sedelmeyer, 1906, n° 64
Jean Martin, Jean-Baptiste Greuze, Paris, 1908, p. 19, n° 248
Jean-Baptiste Greuze est mis à l’honneur dans notre vente (lots 264, 286 et 288) qui arrive comme une jolie conclusion à l’exposition Jean-Baptiste Greuze. L’enfance en lumière, organisée par le musée du Petit Palais à Paris pour célébrer le 300e anniversaire du peintre1. Celle-ci a brillamment montré le talent de Greuze à représenter, entre autres, les chiens grâce au prêt consenti par un généreux collectionneur pour l’exposition du Portrait de Louise Gabrielle Greuze jouant avec un chien, de 1767, conservé en mains privées.
Le chien joue un rôle de premier plan dans notre tableau. La jeune fille est saisie par Jean-Baptiste Greuze au réveil alors qu’elle se trouve au bord de son lit à peine vêtue. Le chien qui aboie prolonge la scène vers un hors-champ dont on ne peut qu’imaginer la nature : l’on songe bien sûr à un amant qui se serait introduit dans la chambre pour admirer cette femme à son insu.
Ce tableau de Jean-Baptiste Greuze dut être réalisé par le peintre dans les années 1780-1790 ou un peu plus tard. Son exécution très libre se rapproche de la Danaé du Metropolitan Museum de New York (n° d’inv. 1970.295, fig. 1) dont il est possible de comparer l’exécution des rideaux, des draps du lit et du voile. Le motif de la jeune fille plaçant élégamment son bras au-dessus de sa tête s’observe sur notre tableau comme sur le tableau de New York. Greuze s’inspire peut-être du tableau de Jean-Antoine Watteau, Jeune fille à sa toilette de la Wallace Collection de Londres (vers 1717-1719, n° d’inv. P439).
Le thème du lever de la jeune fille, bien souvent accompagné de son chien, connaît un important succès au XVIIIe siècle comme l’en atteste le célèbre tableau de Jean-Honoré Fragonard, La gimblette (Munich, Alte Pinakothel, n° HUW 35). Le caractère voyeuriste de la scène était abordé de manière plus ou moins directe par les peintres. Ainsi, dans un tableau donné à Jean-Frédéric Schall, se trouvant autrefois dans la collection Paul Cailleux, une jeune femme couvre sa nudité à l’aide d’un pan de rideau tandis que son chien aboie avec vigueur au premier plan à droite (fig. 2).
1. L’exposition, organisée du 16 septembre 2025 au 25 janvier 2026, vient de fermer ses portes.
Nous remercions Madame Yuriko Jackall pour son aide précieuse à la rédaction de cette notice.