(Restaurations)
Elegant company by a pond in a park inspired by the gardens of the Palace of Versailles, oil on canvas laid down on panel, by H. Robert
10.23 x 14.56 in.
Collection Jules Burat (1807-1885) ;
Sa vente, Paris, Galerie Georges Petit, Me Chevallier, 28-29 avril 1885, n° 87 ;
Vente anonyme ; Paris, Galerie Charpentier, 24 mai 1955, n° 155 ;
Collection particulière, Paris
Pierre de Nolhac, Hubert Robert 1733-1808, Paris, 1910, p. 145
Par son exécution, notre charmante petite toile peut être rapprochée d’une représentation de l’Orangerie à Versailles conservée dans les collections du château1. Hubert Robert est coutumier de ces vues de bosquets animées de personnages dont l’échelle réduite renforce le caractère grandiose du jeu d’eau vertical. Chroniqueur de la vie quotidienne, comme dans son tableau de bien plus grande dimension du musée de Fort Worth au Texas intitulé La Fontaine2, il représente ici une étrange scène au cours de laquelle est poussé un important échafaudage roulant servant à tailler les haies, appelé chariot à l’article jardinage du volume de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert consacré à l’agriculture3. La palette claire, qui contraste avec les teintes plus saturées employées par le peintre au cours de ses années romaines, se retrouve sur d’autres tableaux d’extérieur des années 1770. Hubert Robert compose ici aussi bien un caprice architectural qu’un caprice sociétal réunissant jardiniers et aristocrates dans un même décor.
Notre œuvre provient de l’importante collection de l’amateur Jules Burat qui affectionnait les peintres français des XVIIe et XVIIIe siècles. Il possédait aussi la Visite à la nourrice de Fragonard, aujourd’hui à la National Gallery de Washington (no 1946.7.7) ou encore un Autoportrait de Jean Naigeon (vente anonyme ; Sotheby’s, 13 juin 2023, no 41). Ami et rival d’un autre grand collectionneur de son temps Louis La Caze (1798-1869), comme le présente l’introduction au catalogue de sa vente après décès de 1885 rédigée par Paul Mantz, Jules Burat s’était constitué un important panorama de la peinture française qui débutait sous Louis XIII avec Simon Vouet.
1. Vente anonyme ; Paris, Christie’s, 14 septembre 2016, n° 52 (L’orangerie du château de Versailles, huile sur panneau, 46,5 x 37 cm), préempté par le château de Versailles
2. N° d’inv. AP 1970.15
3. Denis Diderot, Jean Le Rond d’Alembert, Recueil de planches sur les sciences, les arts libéraux et les arts mécaniques avec leur explication : Agriculture, volume n° 23, 1751-1780, p. 14