Diana and Actaeon, oil on canvas, by B. Boullogne
25.59 x 21.25 in.
Collection particulière, Normandie
Bon Boullogne 1649-1717. Un chef d'école au Grand Siècle, Dijon, musée national Magnin, 5 décembre 2014 - 5 mars 2015, p. 54-55, cat. 9
Notre tableau révèle l’attachement de Bon Boullogne aux maîtres bolonais qu’il put admirer, copier et imiter durant les cinq années qu’il passa en Italie. François Marandet souligne en effet que la composition de l’œuvre est largement inspirée par Actéon transformé en cerf de l’Albane (musée du Louvre, INV. 16). On ne peut toutefois ignorer l’influence du Dominiquin sur ce tableau et notamment de la fameuse Chasse de Diane peint en 1616 (Rome, Galerie Borghèse, n° 53). Il n’est ainsi pas surprenant que Louis XIV, si attaché à la peinture bolonaise, fasse de Bon Boullogne l’un des peintres privilégiés de la fin de son règne, comme le révèle la série de tableaux mythologiques commandée pour la chambre du roi au château de Rambouillet et conservée au musée des Beaux-Arts de Tours.
Maître influent au tournant du XVIIIe siècle, Boullogne dit l’Aîné marque, à la suite de la mort de Charles Le Brun et Pierre Mignard, une douce transition entre la grande manière du siècle de Louis XIV et la nouvelle génération de peintres d’histoire représentée par exemple par Charles-Antoine Coypel et François Le Moyne. Il fait le choix tout personnel de représenter l’action avant la tragique transition du récit, alors qu’Actéon est encore transi par sa chasse. On observe sa surprise face au spectacle qu’il découvre tandis que d’autres peintres auraient situé la scène lors du point de rupture du récit, comme l’Albane montrant un Actéon fuyant la colère de Diane, ou bien lors de son dénouement, lorsqu’Actéon n’est plus qu’un gibier pourchassé par ses chiens.