In-folio, veau marron, dos à 6 nerfs joliment orné, roulette intérieure, tranches dorées sur marbrure (Reliure du XVIIIe siècle).
Brun, 213 // Brunet, II-1546 // De Backer, 110 // USTC, 47383.
(6 f.)-CXXXVII f.-(1 f. blanc) / ã6, A-Z6 / 196 × 315 mm.
Première édition de cette adaptation en prose d’un roman de chevalerie qui fait partie du cycle de Charlemagne et des douze pairs de France.
La traduction en langue vulgaire est donnée par De Backer à Nicolas de Herberay, seigneur des Essarts, mais il est aujourd’hui admis qu’elle serait due à Jean Maugin, poète surnommé Le Petit Angevin, traducteur du Parangon de vertu, du Nouveau Tristan et de L’Amour de Cupido et de Psiché entre autres.
Les premiers feuillets sont occupés par une épître et des épigrammes en latin, italien et français, par Jean-Pierre de Mesmes et Jean Maugin, dans lesquelles il est fait l’éloge de celui qui a tiré cette histoire de l’oubli. Vient ensuite le roman avec tout d’abord la naissance de Gérard autour duquel se pressent des fées qui prédisent au nouveau-né puissance, bonheur en amour et orgueil. Suit l’enfance aventureuse de Gérard, enlevé, libéré, abandonné sur une barque, puis recueilli par un ermite. Il secourt Orsaire de Constantinople, qui lui promet la main de sa fille Fezonne, dont il ignore le décès. Le héros tombe ensuite amoureux de l’infante Ameline, connaît des aventures fabuleuses au château enchanté, libère les dames et seigneurs qui y étaient prisonniers et revient auprès des siens pour être armé chevalier avec ses sept frères. La suite conduit Gérard en Orient où il connaîtra une nouvelle vie pleine d’actions, domptera le Sarrasin, tombera amoureux de Florie dont il aura un fils, Milon d’Auvergne, reviendra en France, aura quatre fils et une fille de sa femme Ameline, etc.
L’ouvrage s’achève par une brève conclusion dans laquelle l’auteur annonce une suite à son roman, suite qui n’a jamais paru.
Édition partagée contenant au dernier feuillet la mention Fin du Premier livre de Gerard d’Euphrate, imprimé à Paris par Estienne Groulleau, pour luy, Ian Longis, & Vincent Sertenas, Libraires.
Elle est illustrée de 46 bois gravés dans le texte, dont 6 de grande taille, 9 de taille moyenne et 31 de petite taille (en réalité, 28 bois dont 6 de grande taille, 4 de taille moyenne dont 3 répétés, et 18 petits bois dont 8 répétés), ainsi que de très nombreuses lettrines à décors floraux. Certains de ces bois proviennent de l’Amadis de Gaule. 15 de ces bois seront utilisés par les mêmes éditeurs, l’année suivante, pour illustrer L’Histoire de Primaleon de Grece… (cf. le n° 487 du présent catalogue). Le bois utilisé au verso du feuillet LXIV est signé d’une petite croix de Lorraine. Brun relève que certains bois ont dû être spécifiquement gravés pour cette édition, dont un bois représentant des navires fendant les flots (ff. 5v, 64v et 89v), le château périlleux (f. 48) et
3 figures […] représentant l’arrivée du nain Berfumes, le combat aérien des démons et le dieu des enfers […] sont dignes du talent de Jean Goujon (ff. 9, 25 et 28).
Reliure tachée avec restaurations anciennes et manques aux charnières et aux coins.
Provenance :
Ambroise Firmin-Didot (ex-libris, catalogue de sa bibliothèque, n° 643).