3 volumes in-folio, veau blond, triple filet, dos à 6 nerfs ornés, roulette intérieure, tranches dorées (Reliure du XVIIIe siècle).
Brunet, I-545 // De Backer, 595 // Tchemerzine-Scheler, I-163.
I. 365-(14f., dont le dernier blanc) / ❡6, A-Z6, Aa-Ii6 // II. 485 (mal chiffrée 489 sans 105-106 et 107-108)-(7f.) / A-Z6, Aa-Ss6, T4 // III. 549-(7f.) / A-Z6, Aa-Zz6, Aaa6.
Édition originale très rare de cet ouvrage condamné et brûlé par arrêt du Parlement.
Nous avons déjà donné au n° 379 du présent catalogue la biographie d’Agrippa d’Aubigné (1552-1630), lettré très érudit dans les langues anciennes, irréductible calviniste qui s’engagea aux côtés du prince de Condé, puis du roi de Navarre, et ne laissa tomber son épée que lorsque Henri IV monta sur le trône de France. Sa carrière militaire lui laissait quelques loisirs qu’il passait à composer des poésies, ballets, romans ou ouvrages historiques.
Son Histoire universelle, écrite avec beaucoup de liberté, s’étend de 1550 à 1610. Sa véracité est mise en doute par Brunet du fait des préventions d’Aubigné contre les catholiques et son penchant bien connu pour la satire, mais il faut plutôt la considérer comme une relation historique contenant un grand nombre de faits dont l’auteur a été le témoin et qu’il relate avec beaucoup de fidélité. En témoigne la sentence du lieutenant civil prononcée le 2 janvier 1620 qui condamnait l’ouvrage à être brûlé par la main du bourreau comme contenant plusieurs choses qui sont contre l’État et l’honneur des rois Charles IX, Henri III et Henri IV, des reines, princes et autres seigneurs du royaume.
La sentence fut exécutée et seuls quelques exemplaires échappèrent au feu.
Nombreux bandeaux et lettrines gravés sur bois. Marque de Jean Moussat qu’il tenait de son maître l’imprimeur rochelais Barthélemy Berton à la fin des deux premiers volumes et au feuillet I5 du troisième volume. Il faut enfin signaler le modernisme de cet imprimeur qui distingue ici, dans l’impression qu’il a faite, les i et les j ainsi que les u et les v.
L’exemplaire que nous présentons est dans une très bonne condition générale. La reliure du XVIIIe siècle a quelques défauts d’usage sans gravité, frottements ou petits manques aux coiffes et sur les coupes inférieures. Quelques feuillets sont roussis ou tachés. D’autres feuillets ont des réparations marginales (tome I : X1, Aa3, Bb6, Gg2 / tome III : Q5, R4, Aa4). L’ensemble reste de très belle qualité.
Il ne porte pas de marque de provenance mais il ressemble à la description faite par De Backer de son exemplaire veau fauve, fil., dos ornés, dent. int.,
tr. dor. (Rel. anc.) et peut-être est-ce le même.