In-4, maroquin rouge, large encadrement droit composé d’un fer répété formant roulette et de doubles filets dorés, dos à 5 nerfs orné de même, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Hardy).
Brunet, III-549 // Cioranescu, 11867 // Rothschild, I-696 // Tchemerzine-Scheler, III-759.
(8f.)-310 (mal chiffrées 308)-(2f.) / ã4, ẽ4, a-z4, A-Z4, Aa-Zz4, AA-II4 / 153 x 238 mm.
Édition originale du premier tome et seul paru des œuvres de Jodelle.
Poète dramatique né à Paris en 1532 et mort en 1573, Étienne Jodelle, émule de Ronsard et de Du Bellay, fut honoré par les poètes de la Pléiade du titre de poète tragique. Il connut un succès prodigieux par sa pièce Cléopâtre captive qu’il fit jouer à l’âge de vingt-et-un ans. Nous ne résistons pas à l’envie de reproduire le commentaire de Pierre Larousse qui indique qu’il est surtout célèbre par la part qu’il prit à la révolution littéraire tentée par les poètes de la Pléiade, et dont le résultat, plus brillant qu’avantageux, fut l’invasion du pédantisme outré et l’abandon de la vieille poésie nationale pour le calque plus ou moins heureux des formes antiques.
Vivement encouragé par le succès de sa Cléopâtre, dont la forme est copiée du théâtre grec et latin, mais dont il avait inventé l’action et la conduite, Jodelle entreprit de traiter d’autres sujets classiques « Eugène », « Didon », mais ces nouvelles œuvres ne connurent pas le même succès. Il composa également des sonnets, chansons, odes, élégies, épitaphes et un long poème sur César prêt à passer le Rubicon que l’on retrouve dans le volume que nous présentons. Insouciant et prodigue, Jodelle mit de bonne heure ses affaires et son patrimoine en désordre et l’ode funèbre que lui composa Agrippa d’Aubigné témoigne qu’il mourut dans la misère.
Ce volume est rare. Il fut publié après la mort de Jodelle par son ami Ch. Delamothe qui fit inscrire sur le faux-titre la mention Premier volume mais qui arrêta ensuite la publication sans qu’on en connaisse la cause.
Impression en caractères italiques. Marque de Nicolas Chesneau sur le titre (Renouard, n° 171).
Bel exemplaire réglé.
Petites macules et traces blanches aux plats de la reliure, haut d’un mors frotté. Manque angulaire à un feuillet dû à la taille initiale de la feuille (c1) et réparations à un autre (Gg2).
Provenance :
Amédée Berton (ex-libris, 6-10 décembre 1892, n° 493).