Petit in-4, maroquin rouge, très bel encadrement droit formé de filets droits et ondoyants, roulettes, chaînettes et rinceaux, dos lisse joliment orné aux petits fers de points, étoiles, fleurs, rinceaux, etc., dentelle intérieure, tranches dorées (Reliure de la fin du XVIIIe siècle).
Bechtel, 739/V-32 // Brunet, V-1122 // Renouard, ICP, V-1445 // Rothschild, II-1076 // Runnals, 35F // USTC, 37911.
(4f.)-CCIXf.-(1f.) / ã4, a-z4, ク4, ¿4, A-X4, AA-EE4, FF6 / 40 lignes sur 2 colonnes, car. goth. / 125 x 182 mm.
Sixième ou septième édition du célèbre Mystère de la Vengeance de Notre Seigneur.
Ce mystère est une version très amplifiée de la Vengeance de Nostre Seigneur JhesuChrist, pièce écrite dans la première moitié du XVe siècle par le moine bénédictin Eustache Mercadé (ou Marcadé) qui relate l’histoire de la destruction de Jérusalem par les Romains, au premier siècle après Jésus-Christ. La version d’origine compte entre 13 000 et 14 000 vers tandis que la version imprimée, divisée en quatre journées, qui fait intervenir 177 personnages, en contient plus du double, soit près de 32 000 vers. Il ne faut pas confondre ce mystère avec une autre pièce très en vogue aux XVe et XVIe siècles : Destruction de Jérusalem ou Vengeance de Notre Sauveur, roman qui traite du même thème sous différents titres très proches mais ne fait jamais plus de 40 feuillets.
Le Mystère de la Vengeance parut pour la première fois à Paris chez Antoine Vérard en 1491 et fut rapidement suivi de quatre ou cinq autres éditions, toutes parisiennes, chez Vérard, Jean Petit ou les Trepperel, avant celle que nous présentons, parue en 1539 chez Alain Lotrian. Celui-ci avait succédé à la veuve Trepperel et à son fils Jean II et il semble que l’édition de Lotrian suive celle donnée en 1531 par Jean II Trepperel qui n’est peut-être elle-même qu’une réplique de celle publiée par la veuve Trepperel et Jehan Jehannot vers 1512.
Titre en rouge et noir orné d’une grande lettrine initiale grotesque à deux visages humains et têtes de dragons.
Ce très bel exemplaire, dans une superbe reliure de la toute fin du XVIIIe siècle attribuable à Derome, en maroquin rouge à dentelle droite formée de quatre types de roulettes et de filets droits, a fait partie des bibliothèques Lang, Yemeniz et La Roche Lacarelle. Sur une page de garde, il porte des annotations anciennes de trois mains différentes. La première relate une représentation de la pièce en 1437, d’après une chronique messine, et est attribuée, d’après une note, au bibliophile Châtre de Cangé, attribution que nous réfutons, ce bibliophile étant mort en 1746 avant l’époque de la reliure. La seconde annotation est une précision bibliographique et la dernière, supposée être « autographe de Mr du Roure », précise que le volume a été acheté 250f en 1829 chez téchener qui l’avait acheté à Londres à la vente de M. Lang. On retrouve bien l’exemplaire dans le catalogue de la vente de Robert Lang en 1828, mais pas dans la collection du marquis du Roure en 1848. Il figure en tout cas par la suite dans les catalogues Yemeniz (1867), où la reliure est attribuée à Derome, puis dans celui de La Roche Lacarelle (1888) où elle est attribuée à Bradel-Derome.
Cahier z un peu bruni et quelques pâles taches sans gravité, plus prononcées aux feuillets G2 et G3 ; petit manque dans la marge inférieure d’un feuillet dû à la taille initiale de la feuille (¿4)
Provenance :
Robert Lang (17-27 novembre 1828, n° 1510), Nicolas Yemeniz (ex-libris, 9-31 mai 1867, n° 1924) et baron Sosthène de La Roche Lacarelle (ex-libris, 30 avril-5 mai 1888, n° 288).