Plaquette in-4, maroquin améthyste, encadrement d’un triple filet droit doré s’arrondissant en volutes dans les angles et les milieux, reprise des mêmes filets et volutes formant un motif losangé central, dos à 5 nerfs orné à la grotesque, dentelle intérieure, tranches dorées (Niédrée).
Barbier, IV-835 // Bechtel, 728/T-130 // Brunet, V-948 et Supplément
II-802 // Fairfax Murray, 666 // Renouard, ICP, IV-811 // USTC, 73394.
(22 f.) / A-B4, C6, D-E4 / 34 ou 37 longues lignes, car. goth. / 125 × 188 mm.
Seconde édition de cet opuscule rédigé à la gloire de la gente féminine.
Il contient principalement un éloge de la femme en général, de sa supériorité sur l’homme, ainsi que l’éloge de la Vierge et celui de diverses reines, d’Espagne en particulier.
C’est une œuvre de Juan Rodriguez de la Cámara, traduite en français vers 1460 par Fernand de Lucene à l’intention du duc de Bourgogne Philippe III le Bon. Elle avait été commandée par Vasquemude de Villelobes et fut publiée pour la première fois vers 1510.
Écrivain et poète galicien, Juan Rodriguez de la Cámara est né à Padron en 1390 et mort en 1450. Il fut secrétaire du cardinal espagnol Don Juan de Cervantes au concile de Bâle qui eut lieu en 1431. Il est l’auteur de plusieurs œuvres littéraires en prose qui traitent, pour la plupart, du thème de l’amour.
Selon le prologue, le texte determine par cinquante raysons que la femme [est] plus nobble de plus grant excellence que lhomme... puis le texte énonce en les commentant les cinquante raisons et les fait suivre de sept vertus dont la femme est parée. Le texte en prose s’achève sur un poème en vers composé par le traducteur Fernand de Lucene : Ensuyt ung sirographe a lhonneur triumphe des dames, que Brunet qualifie de : morceau aussi plat dans la forme que peu ingénieux dans le fond.
Le nom de l’auteur est cité dans le prologue (A1v, ligne 18) : Prevint a mes mains ne scay par quelle adventure ung traictie qui se intituloit le Triumphe des dames, lequel iadis composa en son mesme langaige ung gentil homme espaignol nomme Jehan Rodrige de la chambre. On y trouve également le nom du commanditaire (A1v, ligne 27) : Je Vasque made de ville lobes, escuyer descuyrie et leur humble serviteur, le fit translater despaignol en langaige francoys par ung mien amy…
L’ouvrage parut pour la première fois en 1510 chez Le Caron, édition dont il ne subsisterait que deux exemplaires, l’un à la BnF et l’autre décrit par Harrisse dans son Excerpta Colombiniana (n° 232). Ce n’est qu’environ vingt ans plus tard que ce texte fut republié, imprimé vers 1533 pour Pierre Sergent par Guillaume de Bossozel, dont on a identifié le matériel.
Cette seconde édition est tout aussi rare que la première. L’USTC ne recense ici que deux exemplaires, celui de la bibliothèque du duc d’Aumale à Chantilly et celui que nous présentons qui est passé dans les mains de Fairfax Murray. Bechtel indique trois ou quatre exemplaires.
Le volume est orné d’un grand et curieux bois sur le titre représentant une femme derrière une presse à vis, tenant dans sa main gauche une tour, dans la droite un dragon enchaîné, et coiffée d’une pierre surmontée d’un marteau. Marque du libraire Jean Sainct Denis au dernier feuillet, reprise par Pierre Sergent (Renouard, n° 1026), et quelques lettrines à fond criblé à décors floraux.
Très bel exemplaire.
Minime décoloration à la reliure. Petites taches au feuillet A4.
Provenance :
Fairfax Murray (étiquette, n° 666).