Comment:
A1One a abdiqué.
Les autorités et l'armée auront eu raison de lui.
Sous les menaces et la torture, après un trop long séjour derrière les barreaux, il a fui son pays pourtant si cher à son coeur.
Artiste multifacettes, A1one synthétise des influences toutes plus éclectiques les unes que les autres. Touche-à-tout stylistique (graffs, bombes, pochoirs), il passe sans problème existentiel de la critique sociale européenne à l'art aborigène australien ou du graffiti hip-hop à la calligraphie islamique.
Véritable crew à lui seul, il se pose comme l'inspirateur de toute la génération émergente de l'urbanité du Moyen-Orient. Son studio, 50m2 sous terre dans le centre névralgique de Téhéran, abritait un réservoir de jeunes talents underground de la capitale.
Sa mission, relevait de l'impossible, restait d'une complexité sans équivalent dans la région. Il est à peu près aussi facile d'être graffeur à Téhéran que d'afficher sa sympathie pour Al-Qaïda dans les rues de Manhattan.
Les représailles du pouvoir en place plus que jamais remis en cause par la nouvelle vague underground de Téhéran.
Depuis août 2012, A1one est réfugié en Allemagne, croisant les doigts pour que sa situation se décante au plus vite.