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BOITE A OUVRAGES D'EPOQUE LOUIS XIV, PARIS VERS 1710-1715 ATTRIBUEE A BVRB Ier
Estimate:
€5,000 - 8,000
Sold :
€8,926

Complete Description

BOITE A OUVRAGES D'EPOQUE LOUIS XIV, PARIS VERS 1710-1715 ATTRIBUEE A BVRB Ier

En marqueterie de laiton et écaille, le couvercle en doucine muni d'un coussin en velours cramoisi, à décor de rinceaux et arabesques, reposant sur huit pieds à décor de feuillage ; le velours remplacé
Hauteur : 12,5 cm. (5 in.), Largeur : 20 cm. (8 in.), Profondeur : 15,5 cm. (6 in.)

A LOUIS XIV ORMOLU-MOUNTED BOULLE MARQUETRY BOITE A OUVRAGES, PARIS, CIRCA 1710-1715, ATTIBUTED TO BVRB I

Provenance :
Princes de Condé au château de Chantilly

Destinée à l'usage des femmes, cette boîte formant nécessaire à ouvrages, qu'on appelait aussi pelote au XVIIIe siècle, faisait autrefois partie de l'ameublement des princes de Condé au château de Chantilly, comme le témoigne sa marque représentant un cor de chasse propre à cette résidence. Elle peut être rapprochée par son décor marqueté de la création qu'on attribue à l'ébéniste B.V.R.B. Ier. Vraisemblablement, à l'origine, elle formait avec d'autres petits coffrets, cassettes et un miroir à décors et parures de bronze assortis, une garniture de toilette à l'instar de celle conservée au Musée de la Ville de Varsovie, ayant appartenu à la reine Marie Kazimiera (1), épouse du roi de Pologne Jean III Sobieski.

Notre boîte appartient à un groupe relativement important d'objets de modèle très similaire, dont les dimensions varient entre 20 et 35 cm de largeur. De forme rectangulaire et avec un couvercle surélevé en doucine, ils présentent des parois s'aplatissant et évasées vers le bas ainsi que des pans coupés légèrement concaves, le tout monté dans des garnitures de bronze pratiquement identiques. Seuls les revêtements en marqueterie sont différents : recouverts soit en marqueterie Boulle en première ou en contrepartie, sur fond d'écaille brune ou rouge, soit en marqueterie à incrustations de nacre et de corne polychrome, leurs décors sont inspirés des motifs à la Berain (comme dans notre cas) ou peuvent représenter des scènes mythologiques, telles la Toilette de Venus, des putti travaillant dans la forge de Vulcain, etc. Ainsi, le décor marqueté du nécessaire que nous présentons ici est très proche de celui d'une autre boîte à ouvrages de l'Ermitage (2) qui faisait vraisemblablement partie à l'origine, avec deux coffrets en suite, de la même toilette ; le motif trilobé entouré de corbeilles de fleurs et des fruits et d'oiseaux en vol, disposé sur la paroi en largeur, est pratiquement identique à celui d'un autre petit coffret, également en première partie sur de l'écaille rouge, se trouvant dans le commerce parisien de l'art (3) et sur un second, en marqueterie polychrome en contrepartie, conservé dans une collection privée. Réduit, ce même motif trilobé se retrouve sur les doucines des couvercles d'un second coffret marqueté en contrepartie sur fond d'écaille rouge et avec des rajouts de nacre et de corne polychromes, également sur le marché de l'art (4) et sur un second de l'Ermitage (5), ainsi que sur deux autres, d'un modèle plus ancien, revêtus de marqueterie de laiton et d'écaille brune en première partie (6). De même, le motif présent sur les côtés de notre boîte à ouvrages, composé de volutes, avec des écureuils et des oiseaux de part et d'autre d'un papillon, orne aussi la paroi longue d'un coffret en marqueterie polychrome du musée de l'Ermitage, alors que le motif sur la doucine de ce dernier est lui-aussi tout à fait identique au nôtre (7). Ces décors de la paroi et de la doucine sont également utilisés sur un second petit coffret du modèle de celui de l'Ermitage (8).

En tenant compte de la présence de décors marquetés très diversifiés sur toute cette série de boîtes et de coffrets, faisant autrefois partie des différentes garnitures de toilette, nous pouvons présumer qu'il s'agissait à l'origine de commandes réalisées par plusieurs ébénistes à la demande de l'un ou l'autre des grands marchands merciers parisiens de cette époque, tels que de La Roue, Hébert, etc. Cependant, par certaines de leurs caractéristiques, les marqueteries qui décorent le groupe d'objets dans lequel s'inscrit notre boîte se rapprochent de celles employées sur des pièces attribuées généralement au Maître du bureau de l'Electeur de Bavière (9), appellation sous laquelle se cacherait l'ébéniste B.V.R.B. Ier. Comme nous l'avons déjà mentionné, notre boîte à ouvrages est frappée du fer au cor de chasse, qui était utilisée pour marquer le mobilier des Condé, au château de Chantilly. Ce détail prend toute son importance lorsqu'on considère qu'accompagnée de trois fleurs de lis, la même marque se retrouve aussi sur un bureau à caissons (10) recouvert de marqueterie polychrome en contrepartie, dont le décor s'inscrit dans la série des bureaux attribués également à B.V.R.B. Ier, tels ceux du Musée J. Paul Getty, exécuté pour Maximilien II Emmanuel, électeur de Bavière, celui de Victoria and Albert Museum de Londres (11), etc. Hélas, ce type de menus objets est assez succinctement décrit dans les documents anciens et bien que plusieurs boîtes soient mentionnées à Chantilly dans les inventaires des ducs de Bourbon (12) au début du XVIIIe siècle, notre boîte à ouvrage reste difficile à retrouver, voire impossible à identifier avec précision.

Accessoire à succès à la fin du XVIIe siècle et pendant les dernières années du règne de Louis XIV, la toilette, avec son miroir et ses boîtes, était encore en faveur à l'époque Louis XV, comme le témoigne le portrait de Madame Marsollier et de sa fille réalisé par Jean-Marc Nattier (13) en 1749, sur lequel on aperçoit un miroir et diverses boîtes de ce type, ayant la même forme mais d'un décor marqueté différent.


(1) Marie-Casimire-Louise de La Grange d'Arquien (1641-1716), issue d'une famille de la moyenne noblesse du Nivernais, fut d'abord dame de compagnie de Marie-Louise de Gonzague-Nevers qui devint reine de Pologne entre 1645 et 1672 et épousa en secondes noces, le 5 juillet 1665, le futur roi de Pologne Jean III Sobieski, qui régna à partir de 1674.
(2) Saint-Pétersbourg, Musée de l'Ermitage, inv. E 2965.
(3) Paris, Galerie Léage, présenté à l'édition de 2010 de la Biennale des Antiquaires.
(4) Ce second coffret a été également présenté à l'édition de 2010 de la Biennale des Antiquaires de Paris par la Galerie Léage.
(5) Saint-Pétersbourg, Musée de l'Ermitage, inv. E 858.
(6) Coll. privée.
(7) Saint-Pétersbourg, Musée de l'Ermitage, inv. E 2966.
(8) Christie's, New York, 21 octobre 1997, n°19.
(9) J.N. Ronfort, J.-D. Augarde, " Le Maître du bureau de l'Electeur ", L'Estampille-l'Objet d'Art, 243, janv.1991, p. 42-75.
(10) Vente à Paris, palais Galliera, Mes Rheims-Laurin, 31 mai 1972, n°141.
(11) Malibu, The J. Paul Getty Museum, inv. 87.DA.77; Londres, The Victoria and Albert Museum, inv. 372.1901.
(12) Arch. nat., Min. cent., XCII, 390, inventaire après décès de Henri-Jules III de Bourbon, du 7 mai 1709, ibid., XCII, 393, inventaire après décès de Louis III de Bourbon, du 26 avril 1710.
(13) New York, The Metropolitan Museum of Art, inv.45.172.

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