En bois et métal
H. : 36 cm (14⅛ in.)
A Fang figure, Gabon
Pierre Dartevelle (1940-2022), Bruxelles
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Art & Culture, n° 3, Genève : Fondation Musée Barbier-Mueller, 2002, p. 17 (Publicité - Galerie Dartevelle)
Ce byeri de belle facture constitue un exemple caractéristique de la statuaire bréviforme des Fang méridionaux, et plus particulièrement des Betsi. La tête, volumineuse, représente à elle seule près du tiers de la hauteur totale de la sculpture, à l’instar de l’imposante masse des membres inférieurs. Le sculpteur a privilégié des formes compactes et puissantes : les bras et les épaules demeurent étroitement liés au torse, tandis que la coiffure-casque à crête centrale, complétée par un large bandeau frontal, enveloppe le crâne avant de se prolonger loin à l’arrière de la nuque.
Cette sculpture peut être rapprochée de plusieurs œuvres attribuées à la même main ou au même atelier. On citera notamment l’exemplaire de l’ancienne collection McKesson à New York, celui conservé au Museum der Kulturen de Bâle (inv. n° III.439 ; voir Louis Perrois, Byeri Fang. Sculptures d’ancêtres en Afrique, Musées de Marseille, 1992, pp. 192–194), celui de l’ancienne collection H. Simonis à Düsseldorf (voir Sabrina Förster, Galerie Simonis. Afrikanische Kunst, s.d., H. : 44 cm, ancienne collection Alain de Monbrison), ainsi que celui provenant de la collection Arman (voir Alain Nicolas (dir.), Arman et l’art africain, Musées de Marseille, 1996, p. 73, cat. 22), collecté au Gabon par G. Lowenguth entre 1922 et 1930.
L’ensemble de ces sculptures partage les mêmes caractéristiques stylistiques : une tête surdimensionnée, une structure compacte, une coiffure enveloppante à crête centrale et un traitement synthétique des volumes, autant d’éléments qui témoignent de l’existence d’un sculpteur particulièrement talentueux ou d’un atelier régional identifiable au sein de la tradition artistique Fang.