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Jean-Baptiste OUDRY Paris, 1686 – Beauvais, 1755
Chien barbet attrapant un butor
Estimation :
80  000 - 120  000 €

Description

Jean-Baptiste OUDRY Paris, 1686 – Beauvais, 1755
Chien barbet attrapant un butor
Huile sur toile

Signée et datée ‘J.B (...)dry. 1725 ’ en bas à droite


Dans un cadre en chêne sculpté et redoré, travail français d'époque Louis XIV


Barbet dog catching a bittern, oil on canvas, signed and dated, by J.-B. Oudry

51.18 x 38.58 in.

130 x 98 cm
Provenance :

Très probablement dans la collection du peintre Jacques-André-Joseph Aved (1702-1766) ;

Puis par descendance ;

Collection particulière, Grand Est

Commentaire :

En 1724, le marquis de Beringhen, premier écuyer de Louis XV, présentait au roi le peintre Jean-Baptiste Oudry. La renommée de ce dernier comme peintre animalier commençait à être bien établie et le marquis, connaissant la grande passion du roi pour la chasse, ne doutait pas que sa peinture le séduirait. Dès septembre 1725 en effet, le Mercure de France relatait : " M. Oudry vient de peindre d'après nature, par ordre du Roi, les portraits de quelques lévriers Anglois, dont S. M. a été fort content1". Les lévriers en question n'étaient autre que ceux du roi Misse et Turlu2, et toute une série d'autres portraits de chiens lui furent commandés à la suite de ce premier tableau pour être placés en dessus-de-porte dans les appartements du roi à Compiègne. Déjà instaurée sous le règne de Louis XIV avec les tableaux de François Desportes, la tradition de faire réaliser les portraits des chiens favoris du roi perdura sous Louis XV, qui, en s'attachant les services d'Oudry, mit fin au monopole détenu jusqu'ici par Desportes. A partir de 1728, Louis XV demanda au peintre de venir suivre les chasses royales afin de les traduire ensuite sur la toile. Ce qui était apprécié du roi l'était aussi de la cour et des particuliers, qui commandèrent à leur tour à Oudry les portraits de leurs chiens. La chasse était plus que jamais l'un des loisirs aristocratiques les plus appréciés et le succès qu'il en tira ne se démentit pas, dépassant largement les frontières du royaume de France. Peintre de la nature formé auprès de Largillierre, connaisseur des peintres flamands de gibier et de nature morte, doté d'un sens de l'observation lui permettant de saisir avec une grande justesse les expressions et les attitudes des animaux, Oudry possédait toutes les qualités pour réussir dans ce domaine. Ses représentations de chiens - seuls ou en meute, s'attaquant à une proie, gardant du gibier ou tout simplement se reposant dans un paysage - furent l'une des constantes de sa production tout au long de sa carrière.

Le motif du chien barbet attrapant un butor est traité à plusieurs reprises par le peintre. Il s’observe sur un dessin mis au carreau de la collection du musée de Schwerin (Staatlisches Museum, inv. n° 4575, fig. 1) préparatoire au tableau conservé au musée national de Stockholm (NM 861) qui est, comme le nôtre, signé et daté ‘1725’3. Réalisé pour le marché, conservé dans l’atelier du peintre et vendu à la pièce, notre tableau comme celui de Stockholm n’étaient pas pour autant vus par l’artiste comme des œuvres de second plan. En ce qui concerne la version de Stockholm, nous savons par exemple que Carl Gustav Tessin dut âprement négocier le prix du tableau avant de parvenir à un accord en 1739.


1.     Cité par H. Opperman, in cat. exp. J.-B. Oudry 1686-1755, Paris, 1982, p. 103

2.     Le tableau est aujourd’hui conservé au musée national du château de Fontainebleau. Il est le premier d’une plus vaste commande de dessus-de-porte destinés à orner les appartements du roi à Compiègne.

3.     Hal Opperman, Jean-Baptiste Oudry, thèse de doctorat, Chicago, 1972, I, p. 433, n° P209.


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