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Jean-Baptiste Camille COROT 1796 - 1875
Jeune femme assoupie ou La petite Jeannette endormie – circa 1840-1850
Estimation :
40 000 - 60  000 €

Description complète

Jeune femme assoupie ou La petite Jeannette endormie – circa 1840-1850
Huile sur toile marouflée sur carton
15 cm x 23 cm
Provenance :

Vente Paris, Artcurial, 26 novembre 2015, lot 128 

Acquis lors de cette vente par l'actuel propriétaire

Collection Louis Grandchamp des Raux

Bibliographie :

Martin Dieterle et Claire Lebeau, Sixième supplément à l’œuvre de Corot par A. Robaut et E. Moreau-Nélaton (Paris, 1905), 2023, mise à jour numérique février 2026, p. 152, n° 154, repr.

Commentaire :

Un certificat de Martin Dieterle en date du 9 septembre 2015 pourra être remis à l'acquéreur.


Oil on canvas laid down on cardboard; 5 7/8 x 9 in.



Le temps a suspendu son vol. Répondant ainsi au poétique appel de Lamartine, le pinceau de Jean-Baptiste Camille Corot nous offre une image d'une rare douceur dont la thématique est peu fréquente chez l’artiste, qui réalise plus volontiers des portraits, des nus et surtout des paysages. Cette petite huile sur toile rapidement brossée est d'une justesse incroyable, c'est un moment volé, une intimité capturée, une image fixée pour l'éternité comme par un daguerréotype. Corot peint ce petit tableau, selon Martin Dieterle, dans les années 1840-1850. La photographie commence alors son essor et nous savons tout l'impact qu'elle eut sur les artistes peintres et avec quelle importance Corot l'accueillie, posant parfois devant la boite noire mais aussi travaillant à des clichés-verre. Sommes-nous le matin ou l'après-midi ? Le sommeil de la jeune fille semble suffisamment profond pour couvrir le bruit de Corot volant son image de son pinceau assuré et furtif. L’artiste semble avoir été plutôt réticent à livrer à un large public ses peintures de figures, opérant une véritable distinction entre sa production publique et son œuvre plus intime, réservée à un cercle plus restreint d’amateurs ou de proches, plus susceptibles de l’apprécier. Le critique Charles Asselineau décrit ainsi l’attachement du peintre à ses études de figures : « Je m’autoriserais du titre de cette notice pour signaler un genre de peintures que jusqu’ici M. Corot n’a guère laissé sortir de son atelier. Je veux parler de ses études comme peintre de figures. Le soin avec lequel M. Corot dérobe ces études au public, fera passer ce que j’en vais dire pour une indiscrétion »1.

 

 

1. 1851, cité par cat. exp., Corot, le peintre et ses modèles, Musée Marmottan Monet, Paris, 2018, p. 25. 

 

 

 

 

 

 

 

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