Signé et daté en bas à gauche "L.Spilliaert 09"
Au verso
1er mai, Ostende - 1920
Aquarelle et gouache
Signé en bas à droite "L. Spilliaert", daté en bas à gauche "1er Mai"
Collection Madame Pierre Stoop, Anvers
Collection François Stoop, Kapellen (1998-2004)
Galerie OFFA (Olivier Fayt Fine Art), Knokke (2011)
Acquis auprès de cette dernière par l'actuel propriétaire le 31 janvier 2011
Collection Louis Grandchamp des Raux
Bruxelles, BRAFA, Galerie OFFA, Olivier Fayt Fine Art, Knokke, janvier 2011 (selon une étiquette au dos)
Ostende, Venetiaanse Gaanderijen, Zeedrijk , Bonjour Ostende, juin-septembre 2013, p.203, reproduit en couleur p.9 (selon une étiquette au dos)
E. De Kuyper, Aan zee. Taferelen uit de kinderjaren, Uitgeverij Vantilt, Nijmegen, 2015, reproduit en couleur en couverture
Cette œuvre sera incluse au catalogue raisonné de l'œuvre de Léon Spilliaert actuellement en préparation par Madame Anne Adriaens-Pannier
India ink, gouache and pastel on paper; signed and dated lower left; on the reverse, watercolor and gouache; signed lower right and dated lower left; 23 5/8 x 27 3/8 in.
« Vous êtes le plus mystérieux, le plus secret, le plus extraordinaire ». La singularité de la pensée de Léon Spilliaert, soulignée ici par le peintre Mayou Iserentant, est associée à une personnalité libre et un art déroutant. L’artiste, originaire d’Ostende comme James Ensor, s’inscrit dans une démarche solitaire et affranchie des normes. Prompt à l’introspection, il s’inspire de la littérature et de la philosophie de son époque et nourrit son œuvre des pensées mélancoliques qui le submergent et le tourmentent.
Constamment en proie à l’incertitude, il mène une quête inlassable de son identité artistique et s’aventure sur des chemins inédits.
Vers 1902-1903, le jeune homme travaille pour l’éditeur-libraire Edmond Deman qui l’introduit au sein des cercles culturels bruxellois et lui confie l’illustration d’ouvrages de Maurice Maeterlinck et d’Émile Verhaeren. Les premières œuvres de Spilliaert s’inscrivent dans la continuité du symbolisme européen fin de siècle, abordant les thèmes de la mélancolie, de la solitude et de l’immensité de la nature. La femme est également au cœur de sa création, apparaissant ici associée à la puissance des éléments (fig. 1).
La figure féminine est ancrée dans le sable, de dos face à la mer et au vent qui la pousse à retenir son chapeau.
L’artiste lie sa vision de la féminité à la présence constante du vent : il représente fréquemment des femmes dont les vêtements, les chevelures et les silhouettes sont animés par la brise marine, se déployant et se mouvant avec intensité. Cette esthétique du flottement habite cette œuvre où cette fillette (ou femme ?), le regard tourné vers l’eau sombre, fait face aux éléments en proie à des vents terribles (fig. 2). En 1908-1909, Spilliaert loue quelques mois un atelier sur le quai des Pêcheurs à
Ostende pour être au plus près de la mer et de la vie quotidienne du port.
Ses femmes en bord de mer peuvent évoquer le sentiment de l’attente et de l’espoir après le départ du bateau qui quitte le port. Le thème de la femme au grand chapeau seule face à la mer est présent à plusieurs reprises à cette époque comme dans sa Femme au bord de l’eau exécutée en 1910 (fig. 3).
Fig. 1 : Léon Spilliaert, Femme au bord de la digue, 1907, Crayon, aquarelle, gouache, crayon, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique
Fig. 2 : Léon Spilliaert, Femme au chapeau vue de dos, circa 1910
Fig. 3 : Léon Spilliaert, Femme au bord de l’eau, 1910, encre de Chine, crayon de couleur et pastel sur papier, Collection particulière