Signée en bas à droite "S. Lépine"
Galerie Brame & Lorenceau, Paris, n° 2524
Vente New York, Sotheby’s, 16 mai 1984, lot 343
Vente Auxerre, Auxerre enchères, 14 février 2016, lot 119
Acquis lors de cette dernière par l'actuel propriétaire
Collection Louis Grandchamp des Raux
Brame & Lorenceau, 150 ans avec les Maîtres, Paris, 2014, reproduit p. 110
La Gazette Drouot, n° 6, 12 février 2016, reproduit p. 79
L’authenticité de cette œuvre a été confirmée par Manuel Schmit lors de son dernier passage en vente en 2016.
Oil on canvas, signed lower right; 14 1/8 x 21 5/8 in.
Entre l’héritage poétique de Jean-Baptiste Corot et la modernité lumineuse de Claude Monet, Stanislas Lépine apparaît comme l’un des précurseurs du paysage impressionniste.
Entre 1858 et 1880, Lépine séjourne à de multiples reprises à Caen, sa ville natale où il peint de nombreux tableaux : des vues de la ville, du bassin Saint-Pierre ou de l’abbaye aux Dames, saisies en plein jour ou sous un « effet de lune ». Notre toile s’inscrit dans cet ensemble de marines, où les bateaux à voile glissent poétiquement sur l’eau, comme dans les œuvres d’Eugène Boudin. Elle représente une vue de voiliers dans le bassin Saint-Pierre, cœur maritime de la ville normande. La ligne d’horizon volontairement basse laissant place à un ciel ponctué de nuages, est soulignée par l’alignement des quais et des bateaux amarrés dans les eaux calmes du bassin. Lépine privilégie ici une palette restreinte, aux tonalités délicates de blancs, crèmes et gris bleutés, qui traduisent subtilement l’humidité de l’air et la clarté normande. Seules deux silhouettes humaines apparaissent sur une barque, rare témoin vivant de cette scène silencieuse. Par leur atmosphère paisible et leur temporalité suspendue, ces vues du bassin de Caen se distinguent des scènes industrielles peintes par les impressionnistes, offrant une vision plus intemporelle de la modernité.