Cachet de l'atelier en bas à droite "ATELIER/H.MORET" (Lugt L.5251)
Atelier de l'artiste
Collection Achille Chatenet, son beau-fils
Collection Samuel Josefowitz (1921-2015), Lausanne
Vente Paris, Christie's, 23 mai 2007, lot 79
Vente Versailles, Me Pillon, 1er juillet 2007, lot 59
Collection particulière, Paris
Galerie Didier Aaron & cie, Paris
Acquis auprès de cette dernière par l'actuel propriétaire le 16 octobre 2023
Collection Louis Grandchamp des Raux
Pont-Aven, Musée de Pont-Aven, Henry Moret, aquarelles et peintures 1856-1913, juin-septembre 1988, n°91, reproduit en couleur p. 79
Indianapolis, Museum of Art, Baltimore, The Walters Art Gallery, Montreal, Museum of Fine Arts, Memphis, The Dixon Gallery and Gardens, San Diego, San Diego Museum of Art, Gauguin and the School of Pont-Aven, septembre 1994 - septembre 1996, n°91, reproduit en couleur p.123
Künzelsau, Museum Würth, Gauguin und die Schule von Pont-Aven, mars-juin 1997, n°91, reproduit p. 237
Munich, Kunsthalle der Hypo-Kulturstiftung, Gauguin und die Schule von Pont-Aven, août-novembre 1998, n°99, reproduit p.158
Watercolor and charcoal on paper; studio stamp lower right; 12 1/4 x 9 1/2 in.
C’est grâce à la vente du fonds d’atelier d’Henry Moret, que le processus créatif de l’artiste a pu être documenté. Le témoignage précieux de son ami, l’écrivain Henry Eon, laissait supposer l’existence d’aquarelles préparatoires, demeurées alors inconnues : « Il travaillait constamment dehors, accumulant les esquisses et les études ». Ces œuvres sur papier, que l’artiste ne destinait pas au commerce, étaient alors conservées dans son atelier. Le fonds, rassemblant environ huit cents dessins, aquarelles et pastels a été cédé par le beau-fils de l’artiste, Achille Chatenet, en 1972. Une partie a ensuite été dispersée à l’Hôtel Drouot le 21 octobre 1983, cinq cent quarante-huit œuvres furent mises aux enchères. Ces études, dont certaines furent exposées à Pont-Aven en 1988 – notamment le dessin qui nous intéresse ici – offrent un éclairage essentiel sur la méthode de travail de Moret : elles révèlent comment il passait d’une aquarelle exécutée sur le motif à une composition à l’huile sur toile. Dans cette aquarelle, Moret saisit sur le vif un paysage breton où se dessinent des maisons au milieu d’un paysage animé de peupliers. La spontanéité et la liberté qu’offre l’aquarelle lui permettent de créer une composition vibrante, aux lignes épurées et aux couleurs lumineuses, qui suscitent émotion et rêverie poétique. Datée vers 1896, cette aquarelle retranscrit parfaitement la fusion stylistique qui s’opère alors chez Moret, entre la touche impressionniste de l’herbe au premier plan, et une simplification des formes et un chromatisme plus audacieux, proches du synthétisme.