Cachet des initiales en bas à droite et en bas à gauche "PS"
Vente Paris, Ader Picard Tajan, 9 avril 1987, lot 9
Vente Paris, Hôtel Drouot, 21 mars 1988, lot 287
Vente Paris, Ader Picard Tajan, 26 novembre 1988, lot 44
Vente Paris, Me Loudmer, 28 octobre 1991, lot 122
Vente Paris, Kâ-Mondo, 20 juin 2018, lot 78
Galerie de La Présidence, Paris
Acquis auprès de cette dernière par l'actuel propriétaire le 2 février 2019
Collection Louis Grandchamp des Raux
Varsovie, Royal Łazienki Museum, The Nabis – Prophets of a New Art, juillet-septembre 2026
M. Guicheteau, Paul Sérusier, tome II, Graphédis éditeur, Pontoise, 1989, n°81, reproduit en noir et blanc p.98-99
Black chalk and pastel on paper; stamped with the initials lower right and lower left; 12 1/4 x 9 3/8 in.
Surnommé « le nabi à la barbe rutilante », Paul Sérusier incarne la quête d’un langage pictural nouveau, fondé sur la couleur pure et la simplification des formes.
C’est au cours de l’été 1888, lors d’un séjour à Concarneau puis à Pont-Aven, qu’il rencontre Émile Bernard et Paul Gauguin, qui vont profondément transformer sa pratique artistique. Sous l’influence de Gauguin, il s’éloigne du naturalisme pour explorer un art fondé sur l’émotion et la synthèse. Sur un petit panneau, Sérusier peint dans le Bois d’amour à Pont-Aven, un petit paysage nommé a posteriori, Le Talisman. De retour à Paris, il le présente à ses camarades de l’Académie Julian, qui sont frappés par la force synthétique et la liberté chromatique de l’œuvre. Autour de lui se forme bientôt le groupe des nabis, qui signifie « prophète » en hébreu et ouvre une voie nouvelle à l’expérimentation picturale, en rupture avec le réalisme académique et le naturalisme. Sérusier retourne ensuite régulièrement en Bretagne, travaillant auprès de Gauguin, Émile Bernard et Meyer de Haan. Il trouve dans la culture bretonne une source d’inspiration intemporelle et un contrepoint à la vie moderne parisienne. Sur cette feuille datée de 1899 dans le catalogue raisonné de l’artiste, Sérusier compose un paysage à l’enchevêtrement végétal dense, presque abstrait. Les aplats colorés et les contours noirs structurant la composition rappellent la leçon de Gauguin et de l’école de Pont-Aven. C’est une nature joyeuse et vivante qu’il offre ici, une nature foisonnante dont la force primitive fascinait tant l’artiste.