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Edouard VUILLARD (1868-1940)
Madame Vuillard épluchant des légumes - circa 1895
Estimation :
200 000 - 300  000 €

Description

Edouard VUILLARD (1868-1940)
Madame Vuillard épluchant des légumes - circa 1895
Huile sur carton

Signé en bas à droite "E.Vuillard"

24.7 cm x 22.9 cm
Provenance :

Vente Paris, Hôtel Drouot, 18 mai 1934, lot 105 (titré La Ménagère), adjugé 7900 frs 

Collection Alfred Daber, Paris (avant 1947)

Huguette Bérès, Paris (1956), puis par descendance 

Galerie Bérès, Paris

Acquis auprès de cette dernière par l'actuel propriétaire le 15 juillet 2021

Collection Louis Grandchamp des Raux

Expositions :

Paris, Galerie Daber, Œuvres remarquables de Vuillard, avril-mai 1947

Bâle, Kunsthalle, Édouard Vuillard (1868-1940), Charles Hug, mars-mai 1949, n°25 p.8

Paris, Galerie Huguette Bérès, Vuillard le lithographe, pastels, gouaches, dessins, avril - mai 1956, reproduit

Paris, Galerie Huguette Bérès, Au temps des Nabis, mai-juillet 1990, n°116, reproduit

Barcelone, Fundacio Catalunya La Pedrera, Les Nabis de Bonnard à Vuillard, mars-juin 2026, p.239, reproduit en couleur p.123

Varsovie, Royal Łazienki Museum, The Nabis – Prophets of a New Art, juillet-septembre 2026

Bibliographie :

C.Roger-Marx, Vuillard et son temps, Editions Arts et métiers graphiques, Paris, 1946, reproduit p.70

Arts, n° 113, 2 mai 1947, reproduit p.1

A. Salomon, G. Cogeval, Vuillard, le regard innombrable, catalogue critique des peintures et pastels, Vol. I; Skira/Seuil - Wildenstein Institute, Paris, 2003, n° IV-179, reproduit en couleur p.327

Commentaire :

Oil on cardboard; signed lower right; 9 3/4 x 9 in.



Datée vers 1895, la scène se déroule au 346 rue Saint-Honoré, l’adresse où Vuillard s’installe avec sa mère en 1893, après le mariage de sa sœur Marie avec son ami Ker-Xavier Roussel. L’artiste représente alors des intérieurs où les figures s’imposent avec fermeté, tandis que le décor paraît se détacher des parois et se mettre à flotter dans un espace presque immatériel.

Une profusion de petites touches vient unifier la surface du tableau, effacer la profondeur et bouleverser les proportions habituelles. Les portraits familiaux et scènes d’intimité qu’il réalise durant la dernière décennie du XIXe siècle demeurent aujourd’hui parmi ses œuvres les plus emblématiques et abouties (fig. 2 et 3). De petit format pour la plupart, ces scènes domestiques explorent les relations complexes entretenues par l’artiste avec ses proches et sa famille. Madame Vuillard y apparaît à la fois comme une matriarche souveraine et une muse. L’atmosphère paisible et mystérieuse de la scène rappelle les œuvres de Vermeer, que Vuillard avait longuement observées au Louvre durant ses études aux Beaux-Arts. Son journal témoigne d’ailleurs de cette admiration : un dessin de 1888 d’après Vermeer et plusieurs croquis de scènes domestiques, mettant en scène des femmes autour d’une table, annoncent déjà son intérêt pour ce motif. Parmi les maîtres anciens qu’il vénère, Chardin occupe aussi une place essentielle (fig. 1) : comme lui, Vuillard sait saisir l’intimité silencieuse des chambres et des objets, et leur insuffler une charge émotionnelle par l’atmosphère qu’il crée.


Fig. 1 : Jean-Siméon Chardin, l’enfant au toton, 1738, huile sur toile, Musée du Louvre, Paris

Fig. 2 : Édouard Vuillard, Madame Vuillard cousant, rue Truffaut, circa 1900, huile sur toile

Fig. 3 : Édouard Vuillard, Madame Vuillard à table, 1896-1987, huile sur toile



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