Signé et daté en bas au centre "Henri Martin 1941."
Héritiers de l’artiste
Galerie Alexis Pentcheff, Marseille
Acquis auprès de cette dernière par l'actuel propriétaire le 21 novembre 2024
Collection Louis Grandchamp des Raux
Cahors, Musée Henri Martin, Toulouse, Capitole, Henri Martin, septembre-octobre 1993, n° 25, reproduit p.31
Paris, Grand Palais, Galerie Pentcheff, FAB 2024, novembre 2024
Cette œuvre sera incluse au catalogue raisonné de l'Œuvre d'Henri Martin actuellement en préparation par Madame Marie-Anne Destrebecq-Martin.
Un avis d'inclusion de Madame Marie-Anne Destrebecq-Martin sera remis à l'acquéreur.
Oil on hardboard; signed and dated lower center; 31 7/8 x 25 5/8 in.
Lorsque le symbolisme décline à la fin du XIXe siècle, Henri Martin s’éloigne de sa production de sujets mystiques, pour se tourner vers une esthétique nouvelle. Vers l’âge de quarante ans, il découvre la lumière du midi dans la campagne du Quercy, où il se rend désormais aux beaux jours, véritable tournant dans sa carrière. Durant plusieurs étés, il s’installe à Saint-Paul-Cap-de- Joux dans le Tarn, puis, en 1899, il fait l’acquisition de Marquayrol, une bâtisse ancienne qui surplombe le village de Labastide-du-Vert, près de Cahors. Il y séjourne alors de mai à novembre et construit un atelier qui va être au cœur de sa création, s’attelant de longues heures à peindre les paysages quercynois.
À Marquayrol, il travaille de manière beaucoup plus prolifique, représentant tantôt la grande pergola qu’il avait faite construire, l’allée de cyprès, la terrasse, les bassins (fig. 1). C’est véritablement en plantant son chevalet en pleine nature que Martin va trouver sa nouvelle manière et achever l’évolution de sa touche. Il raconte lui-même avoir été obligé de s’atteler à la décomposition du ton pour traduire la lumière éclatante et rejoint les recherches pointillistes d’Aman-Jean, son ami intime, lui-même proche de Seurat. Les jardins de Marquayrol, aujourd’hui ouverts au public, constituent un domaine singulier d’une trentaine d’hectares où Henri Martin trouva une source inépuisable d’inspiration. Dans ce lieu empreint de calme et de recueillement, il réalisa plusieurs centaines de toiles. L’intérêt qu’il portait aux lauriers roses, déjà présents dans Clémence Isaure à la lyre (lot n°45), se retrouve d’ailleurs dans les plantations du jardin. Comme dans La Porte ouverte sur le jardin (fig. 2), ce tableau offre une vue depuis le salon de la maison de Marquayrol : les doubles portes battantes, grandes ouvertes, laissent entrer une lumière éclatante qui inonde l’entrée. Les rayons du soleil se reflètent sur le sol, tandis que les murs, peints d’une touche divisée mêlant verts et jaunes, répondent aux teintes du jardin dans un subtil jeu d’équilibre inversé. Cette vision intimiste de la demeure qu’il aimait tant, traduit un moment de sérénité et de plénitude. Plus qu’un simple intérieur, l’œuvre célèbre avant tout la lumière – véritable sujet du tableau –, symbole de vie et d’harmonie. Peinte en 1941 dans les dernières années de sa vie, elle est le témoin de la longue évolution du travail de Martin, qui conserve toujours une beauté propice à la méditation.
Fig. 1 : Henri Martin, Grand bassin du Parc de Marquayrol, circa 1905, huile sur toile
Fig. 2 : Henri Martin, La porte ouverte sur le jardin, huile sur toile