Signé en bas à droite "F Kosler"
Vente New York, Christie’s, 4 juin 2009, lot 118 ;
Galerie Haboldt & co, Paris, selon l'actuel propriétaire
Collection Louis Grandchamp des Raux
Oil on panel, signed lower right; 10 1/4 x 6 1/4 in.
Au XIXe siècle, l’orientalisme autrichien s’inscrit dans un vaste courant européen caractérisé par l’engouement des artistes et des écrivains pour l’Orient qui est perçu comme un lieu exotique et mystérieux. Parmi ses représentants les plus illustres figure Franz Xavier Kosler, formé à l’Académie des Beaux-Arts de Vienne, où il est admis en 1881. De 1884 à 1885, il poursuit sa formation à l’école spéciale sous la direction du célèbre Leopold Carl Müller, surnommé « Müller l’Égyptien ». Ce dernier l’initie à la peinture orientaliste et lui enseigne l’art du portrait et des scènes de genre. Müller, qui séjourne régulièrement au Caire entre 1873 et 1892, encourage très certainement son élève à entreprendre lui-même ce périple. De 1886 à 1892, Kosler se rend en Dalmatie, au Monténégro, en Albanie et en Égypte. Deux ans plus tard, il retourne en Égypte, grâce au soutien de l’archiduc Ferdinand Karl, frère cadet du malheureux François-Ferdinand dont l’assassinat à Sarajevo bouleversera le cours de l’histoire européenne.
L’identification de notre tableau parmi les œuvres exposées par Kosler aux Salons se révèle complexe, les titres présentés dans les catalogues - souvent descriptifs et non spécifiques, tels que Jeune Bédouine, Jeune Égyptienne ou nominatifs comme Amina - ne permettant pas une correspondance certaine. Le portrait représente une jeune Nubienne, vue de profil dans un cadrage resserré.
L’artiste adopte ici une approche naturaliste et intimiste, qui privilégie l’observation directe, sans mise en scène. La force du regard, la douceur du modelé, les éclats lumineux sur la peau et le voile confèrent à ce portrait une présence saisissante. Par son approche humaine et sensible, l’artiste parvient à créer une profonde intimité entre cette jeune femme et le spectateur.