Signé du monogramme en bas à droite "M/A/V/D"
Atelier de l’artiste, puis par descendance
Collection particulière, 2013
Galerie Antoine Laurentin, Paris
Galerie Enora, Paris, mars 2016
Eric Gillis Fine Art, Bruxelles
Acquis auprès de cette dernière par l'actuel propriétaire le 10 mars 2017
Collection Louis Grandchamp des Raux
Morlaix, Musée de Morlaix, Perros-Guirec, Maison des Traouieros, Maurice Denis à Perros-Guirec, juillet-août 1985
Pont-Aven, Musée de Pont-Aven, Maurice Denis et la Bretagne, La Leçon de Pont-Aven, juin-octobre 2009, reproduit p.28
Granville, Musée d’art moderne Richard Anacréon, Maurice Denis au fil de l’eau, avril-septembre 2013, reproduit p. 46
Bruxelles, Eric Gillis Fine Arts, 1785-1919, Paintings, Drawings & Sculpture, octobre 2017, catalogue n°19, n° 7 p.70, reproduit en couleur p.71
Cette œuvre est référencée dans les archives du catalogue raisonné Maurice Denis de Mesdames Claire Denis et Fabienne Stahl sous le numéro d’indexation 894.1022.
Tempera on paper; signed with the monogram lower right; 19 3/4 x 38 3/4 in.
Dans cette grande œuvre sur papier, Maurice Denis illustre à merveille la leçon de Paul Gauguin donnée à Paul Sérusier pour la création du Talisman (Paris, musée d’Orsay). Denis lui-même en a rapporté les termes, soulignant cette approche synthétique et subjective de la couleur : « Comment voyez-vous ces arbres ? Ils sont jaunes. Eh bien, mettez du jaune ; cette ombre, plutôt bleue, peignez-la avec de l’outremer pur ; ces feuilles rouges ? mettez du vermillon. » Pour ce Feu de goémon devant la mer, l’artiste applique le synthétisme de manière audacieuse, avec des aplats de couleurs vives et une simplification radicale des formes. En plaçant la ligne d’horizon haut sur la toile, il s’inspire des estampes japonaises qui ont tant fasciné les nabis. Hormis cette ligne droite, tous les autres traits ne sont que courbes. Cette étude pour un projet qui n’a pas pu être identifié s’inspire d’un littoral breton, possiblement du Pouldu selon une attribution traditionnellement avancée. Maurice Denis manifeste un attachement particulier pour cette localité bretonne, proche de Pont-Aven, où il séjourne durant l’été 1899 et réalise notamment une Maternité au Pouldu (Musée de Pont-Aven) et des Baigneuses, plage du Pouldu (Paris, Petit Palais) (fig. 1).
Le motif trouve son origine dans le brûlage des algues sur le rivage, pratique destinée à produire de l’iode, alors employé en agriculture, en pharmacie et en photographie. Les volutes stylisées de la fumée blanche, au cœur de la composition, répondent aux lignes ondoyantes des dunes de sable et font écho à celles des nuages.
Les quatre éléments – terre, eau, air et feu – sont unis par une gamme chromatique harmonieuse mêlant des bleus aux oranges peints à la tempera. Le caractère décoratif de l’œuvre est accentué par l’emploi du revers d’un papier peint, dont les motifs abstraits transparaissent légèrement. Dès leurs débuts, les nabis se sont intéressés à la décoration murale, manifestant un intérêt important pour les arts décoratifs dans un désir d’abolir la hiérarchie des arts. Dans cette perspective, Paul-Élie Ranson et Maurice Denis s’essaient tous deux à la création de papiers peints.
En 1893, soit l’année précédant l’exécution de notre œuvre, Denis réalise ainsi une série de panneaux à la gouache, parmi lesquels Les Bateaux jaunes (fig. 3) et Les Bateaux roses (fig. 2), conçus pour être transposés en papiers peints.
Fig. 1 : Maurice Denis, Baigneuses, plage du Pouldu, 1899, huile sur toile, Petit Palais, Musée des Beaux-arts de la Ville de Paris
Fig. 2 : Maurice Denis, Les bateaux roses, 1893, gouache sur carton
Fig. 3 : Maurice Denis, Les bateaux jaunes, 1893, aquarelle, crayon et gouache sur papier, Collection particulière