Cachet des initiales en bas à droite "PR."
Atelier de l’artiste, puis par descendance
Galerie Bérès, Paris
Acquis auprès de cette dernière par l'actuel propriétaire en octobre 2016
Collection Louis Grandchamp des Raux
B. Ranson Bitker, G. Genty, Paul Ranson 1861-1909, Catalogue raisonné, Japonisme, Symbolisme, Art Nouveau, Somogy, Éditions d’Art, Paris, 1999, n° 205, reproduit en couleur p.184
Charcoal, watercolor and gouache on paper laid down on canvas; stamped with the initials lower right; 30 x 24 in.
Au milieu des années 1890, Paul-Élie Ranson a une production très diversifiée composée tant de vitraux que de tapisseries, papiers peints, gravures et illustrations.
Tout comme ses contemporains Denis, Bonnard, Vuillard et Roussel, il s’intéresse aux arts décoratifs, animé du souhait d’abolir la hiérarchie entre les beaux-arts et les arts appliqués.
Notre dessin, mis aux carreaux, est préparatoire à la très grande feuille des Femmes sous les arbres en fleur ou Le Printemps, étude pro-format pour la tapisserie de même sujet1. Le carton a été exposé à la XVIIIe Exposition de la Société des Artistes indépendants, dans les Grandes Serres de l’Exposition universelle à Paris. Ce dessin permit l’exécution d’une tapisserie à l’aiguille, exposée avec succès au XIXe Salon de la Société nationale des Beaux-Arts au Champ-de-Mars (n° 327) en 1897, puis l’année suivante à Bruxelles pour la Ve Exposition de la Libre Esthétique au musée d’Art moderne (n° 294). Elle est ensuite présentée à la Maison moderne de Meier-Graefe jusqu’en 1900. Dans son compte rendu critique du Salon de 1897, Camille Mauclair salue le rôle joué par Ranson dans le renouveau de la tapisserie : « Parmi les objets d’art, tentures et tapisseries sont en très grand nombre. M. Ranson dessine et tisse des compositions vivantes, d’un faire harmonieux, divers, original, auquel n’atteignent pas jusqu’à présent ses émules, MM. Maillol, Rippl-Rónai, de Feure. » Le Printemps a été exécuté par France Ranson, d’après les dessins de son époux. À ce jour, seule une dizaine de tapisseries à l’aiguille achevées nous sont parvenues. Aux côtés de La Femme à la cape, Le Printemps compte parmi les œuvres les plus remarquables de la production de l’artiste. France y déploie son art du point droit, dont les infimes ondoiements confèrent à la surface une densité et une vigueur singulières, caractéristiques de l’ensemble de la production du couple. La technique, d’une délicatesse extrême, engendre un subtil frémissement de la matière, semblable à une vibration pointilliste qui anime la trame.
1. Paul-Élie Ranson, Femmes sous les arbres en fleur, 1895, fusain, aquarelle, rehauts de gouache sur papier, H. 165 ; L. 130 cm, dessin pro format préparatoire à la tapisserie, collection particulière (cat. raisonné, 1999, p. 182, n° 202).