- 16ème au Tour de Corse 1984 avec Pascal Thomasse !
- Seulement 4 propriétaires, accompagnée de documents et factures historiques
- Restauration par le pilote Michel Crespel qui travaillait déjà la voiture depuis 1985
- Remise dans sa configuration et livrée d’origine Budget avec un grand soucis du détail
La régie Renault après les succès remportés par les petites R5 Alpine, se devait de présenter un produit apte à remporter la première place dans les plus grandes épreuves. L'adaptation du Turbocompresseur (déjà exploité en endurance et en F1 par la Régie) sur la paisible Renault 5 couplée à un moteur central, allait répondre à cette attente. En 1980, la première R5 turbo homologuée en groupe 4 est engagée par Jean Ragnotti au Tour de France et au Tour de Corse. Après le succès de celle-ci au Monte Carlo 1981 et devant la demande des clients, Renault Sport va commercialiser une version compétition client de la R5 T.
En souvenir de la 2eme place de Jean Ragnotti au rallye des Cévennes 1980, cette version client fut nommée « Cévennes ». Elle cumulait les nombreuses options homologuées du catalogue compétition et sera montée à Dieppe, comme les berlinettes « compétition client » qui avaient fait des ravages en rallyes nationaux et internationaux. Ces autos étaient vendues avec un moteur de série de 160cv, mais le client pouvait obtenir les pièces pour les monter à 185 ou 200 cv avec le turbo à gauche, et 250 cv avec le turbo à droite comme les voitures d’usine. Cependant, ils pouvaient aussi équiper et monter eux même leur R5T de série avec toutes les pièces compétition disponible au catalogue Renault Sport.
Une première série de 12 « Cévennes compétition client» fut proposée à partir de juin 1981, au tarif de 197 000 francs soit 80 000 de plus qu’une voiture de série. Devant la demande, une seconde série de 8 voitures sera construite de février à mars 1982, au prix de 215 000 francs !
Les Renault 5 turbo Cévennes allaient écumer les rallyes aux mains de pilotes privés de talent. Bien souvent, elles évolueront en copie de Tour de Corse (groupe B) voire de maxi et il est rare d’en croiser une en état initial de 1981/ 82…
LA R5 TURBO « CEVENNES » CHASSIS B0000568
Celle-ci a été immatriculée le 31 mars 1982, sous le numéro 9972 RJ 50. Elle était destinée à Pascal Thomasse, un excellent pilote privé de la Manche qui fera toute l’aventure R5T, ayant ensuite une Tour de Corse puis finalement une des 10 Maxi 5 Turbo immatriculée, une ex Ragnotti !
Est-ce une des 8 « Cévennes » officielles montées de février à mars ? 4 points peuvent le laisser penser :
1/ elle était destinée à Thomasse, qui était un client qui avait des moyens et voulait une bonne auto
2/ elle a été livrée fin mars, dans la période de livraison des 8 dernières Cévennes
3/ comme les caisses Cévennes, B0000568 n’a semble-t-il jamais été blaksonnée, ce qui nous a été confirmé par Michel Crespel qui ne l’a jamais connue blaksonnée
4/ elle porte le coupe-circuit typique des berlinettes usine, que le service compétition de Dieppe et Renault Sport d’Anthony ont monté sur les Turbo de compétition jusqu’aux maxi, et justement les 20 « Cévennes » ont été montées à Dieppe.
Il faut savoir que si les « Tour de Corse » et les « Maxi » avaient des numéros de série spécifiques, ce n’est pas le cas des « Cévennes » dont les numéros de série sont fondus dans les R5T de série et que même Patrick Landon, patron du service Rallye, n’a pas d’archives sur ces 20 Cévennes.
En tout cas, Pascal Thomasse s’engage immédiatement en compétition avec sa Turbo : 3 épreuves en 1982, 12 en 1983 et 9 en 1984, avec comme résultats 8 premières places, 7 secondes et 3 troisièmes ! En 1984, il participe en Championnat du Monde au Tour de Corse qu’il terminera 16eme au scratch, un beau résultat juste derrière Bartoli et sa grosse et bien nommée R5T « Tour de Corse ».
Il vend sa « Cévennes » en janvier 1985 au breton Daniel Dupas, elle est alors immatriculée 1470 RU 56. Pendant 4 saisons, Dupas fera 21 compétitions régionales, finissant souvent dans les 10 premiers. Au début des années 1990, il revend l’auto à son navigateur, Thierry Lepetit, qui ne l’engagera pas en course et la conservera dans l’état. Celui-ci la cède directement en 2003 à Michel Crespel, autre pilote bien connu dans le milieu des R5 Turbo, qui a d’ailleurs possédé une des 20 véritables « Tour de Corse », et qui entretenait déjà B0000568 pour Dupas au garage Richard de La Baule. Il l’immatricule 806 BMG 44 en 2005 et va reprendre la compétition début 2010 en la faisant évoluer jusqu’au profil groupe B Tour de Corse avec notamment le gros train avant, grosse mécanique avec le turbo à droite etc…et s’engager au Tour de Corse Historique (9ème puis 7ème en 2010 !), en Sardaigne, et 5 fois au Maroc Historique avec une 7eme place en 2016 ! Pour cela un ski complet en kevlar sera fabriqué pour lui protéger les dessous qui sont restés indemnes.
Michel Crespel monte ensuite une nouvelle Renault 5 Tour de Corse qu’il fera courir à partir de 2018. Ayant conservé toutes les pièces d’origine de sa « petite » Cévennes, aussi bien en carrosserie qu’en mécanique, il décide en 2018 de la conserver et de la restaurer entièrement pour la remettre conforme au groupe 4 dans sa configuration du Tour de Corse 1984. Il était attaché à cette voiture car il avait préparé et suivie la voiture depuis 1985 à l’époque où elle courrait avec Daniel Dupas !
La caisse sera mise à nue, posée sur le marbre (où la géométrie était parfaite malgré sa vie de courses) afin de reprendre les soudures des dizaines de renforts de caisse des Cévennes. Les éléments mécaniques sont tous spécifiques course : boîte Renault Sport avec pignonnerie rallye, autobloquant ZF, couple 9x35, gros embrayage 300cv, moteur Ferry avec chemises et pistons en très bon état de l’époque, arbre à came ferry 21T1, échangeur d’époque SODEMO datant de Thomasse (son moteur était un Sodemo, préparateur très connu à cette époque dont on trouve encore des factures dans le dossier), direction directe, triangles supérieurs tubulaires et inférieurs doublés Cévennes, combinés ressorts amortisseurs, rares jantes Elia en 13 pouces, freins de série conformes à l’homologation mais gros maitre-cylindre spécifique, alternateur 100A, pompes à essence neuves, réservoirs d’origine etc.... A noter deux autres points qui la rapprochent d’une vraie Cévennes : le rare repose pied copilote spécifique, et le fait qu’elle possède le point d’ancrage du cric rapide sur le bas de caisse qu’il y avait sur les « usine », les Tdc et les Maxi. Avec un arceau 10 points d’époque, Michel Crespel va lui redonner sa décoration « Budget » de la période Thomasse car la voiture est vraiment au plus près des spécifications de cette époque.
Voiture à l’historique exceptionnelle, B0000568 peut être désormais engagée dans des épreuves de régularité comme le Tour de Corse. Pour l’être en VHC il sera néanmoins nécessaire de changer l’arceau, les réservoirs d’essence, les harnais et les sièges suite aux évolutions des homologations FIA.
Cette R5 Turbo « Cévennes » se présente en très bel état, avec une restauration de qualité par un grand connaisseur avec des pièces authentiques Renault Sport. Evidemment elle a un toit et les ouvrants en aluminium, comme les Turbo « 1 ». Elle n’a jamais été accidentée lourdement, ce qui est exceptionnel pour une Turbo, et il s’agit de sa caisse d’origine. Le numéro de châssis d’époque est conforme et à peine visible avec le temps, si bien qu’après avoir attendu 18 heures à la douane Marocaine lors de son premier rallye du Maroc, le même numéro plus visible fut apposé à un autre endroit afin de ne plus passer la nuit dans le bureau des douanes ! La « petite » Cévennes est probablement la turbo la plus facile à conduire, puissante (200-220 cv) mais utilisable, souple, pas piégeuse comme une Turbo de série grâce à son autobloquant, sa suspension compétition et ses renforts de caisse qui la rigidifient considérablement. Avec cette voiture, Renault Sport avait atteint un équilibre qui convenait parfaitement à la plupart des amateurs qui, sans s’appeler Ragnotti et posséder les moyens des grandes écuries, pouvaient briller dans les épreuves nationales voire internationales : le passé sportif de B0000568 est là pour le prouver !
Gilles Vallerian
Historien automobile
Expert auprès de la CA d’Aix en Provence
French title
Chassis no B0000568
Dashboard No: 443 out of 1,718
- 16th in the 1984 Tour de Corse with Pascal Thomasse!
- Only 4 owners, complemented by past documents and invoices
- Restored by racing driver Michel Crespel, who had been working on the car since 1985
- Rebuilt to its original specification and livery, with great attention to detail
Following the success of the compact R5 Alpine models, Renault felt compelled to introduce a product capable of winning the top spot in the most prestigious races. The integration of the turbocharger (already used by Renault in endurance racing and F1) into the modest Renault 5 combined with a mid-engine setup was the answer to this challenge. In 1980, the first R5 turbo homologated in Group 4 was driven by Jean Ragnotti in the Tour de France and the Tour de Corse. Following its success at the 1981 Monte Carlo Rally and in response to customer requests, Renault Sport decided to release a customer racing version of the R5 T.
As a tribute to Jean Ragnotti's 2nd place finish in the 1980 Rallye des Cevennes, this customer version was named ‘Cévennes’. It included numerous homologated options from the racing catalogue and was built in Dieppe, just like the ‘customer racing’ berlinetta cars which dominated national and international rallies. These cars were sold with a standard 160hp engine, but customers were able to purchase parts to increase the performance to 185 or 200hp with the turbo on the left, as well as 250hp with the turbo on the right (just like the factory cars). However, they could also fit and configure their own standard R5T with all racing parts available in the Renault Sport catalogue.
A first series of 12 ‘Cevennes customer racing cars’ were offered from June 1981 at a price of 197,000 francs, 80,000 more than the production car. Due to high demand, a second series of eight cars were built between February and March 1982, with a price tag of 215,000 francs!
The Renault 5 Turbo Cevennes were set to dominate rallying events in the hands of talented independent racing drivers. They were often upgraded to Tour de Corse (Group B) or even Maxi specifications and it is rare to find one in its original 1981/82 condition...
THE R5 TURBO ‘CEVENNES’ CHASSIS B0000568
This one was first registered on the 31st of March 1982, bearing the number 9972 RJ 50. It was intended for Pascal Thomasse, an exceptional independent driver from La Manche who took part in the entire R5T adventure, subsequently owning a Tour de Corse and finally one of the 10 registered Maxi 5 Turbo examples, a former Ragnotti car!
Is this one of eight official ‘Cevennes’ examples built between February and March? Four things support this theory:
1/ It was intended for Thomasse, a wealthy customer who wanted a good car.
2/ It was delivered at the end of March, around the same time as the last eight Cevennes cars.
3/ Like the Cevennes cars, B0000568 was never, seems to never had been undercoated as confirmed by Michel Crespel who has always known the car without undercoat
4/ It has the typical circuit breaker found in factory berlinetta cars, which the Dieppe racing department and Anthony's Renault Sport fitted to Turbo racing cars, including the Maxi; and in fact, all 20 ‘Cevennes’ examples were put together in Dieppe.
it is worth noting that while ‘Tour de Corse’ and ‘Maxi’ models had specific serial numbers, this was not the case for ‘Cevennes’ models, as their serial numbers were incorporated into R5T production cars; even Patrick Landon (Head of the Rally department) has no records for these 20 Cevennes examples.
Either way, Pascal Thomasse started racing his Turbo straight away: three races in 1982, twelve in 1983 and nine in 1984 - which resulted in 8 first places, 7 second places and 3 third places! In 1984, he took part in the World Championship at the Tour de Corse, finishing 16th overall, a strong result just behind Bartoli and his large and appropriately named R5T ‘Tour de Corse’.
He sold his ‘Cevennes’ in January 1985 to Daniel Dupas from Brittany and it was then registered as 1470 RU 56. Over four racing seasons, Dupas took part in 21 regional racing events, often finishing in the top ten. In the early 1990s, he sold the car to his co-driver Thierry Lepetit, who decided not to race it and kept it in its original condition. In 2003, the latter sold it directly to Michel Crespel, another well-known driver in the R5 Turbo world, who also owned one of the 20 genuine ‘Tour de Corse’ cars and who was already servicing B0000568 for Dupas at the Richard garage in La Baule. He registered it as 806 BMG 44 in 2005 and returned to racing in early 2010, upgrading the car to the Tour de Corse Group B specification, notably with a large front axle, a high performance engine with turbo fitted on the right side etc…. He entered the Tour de Corse Historique (9th and even 7th in 2010) in Sardinia and five times in the Morocco Historique, finishing 7th in 2016!
For this purpose, a full Kevlar skid plate was manufactured to protect the car underneath, which remained undamaged.
Michel Crespel then built a new Renault 5 Tour de Corse, in which he began racing in 2018.
Having preserved all original parts of his ‘little’ Cevennes (body and mechanical) he decided in 2018 to keep it and restore it completely, in order to bring it back into Group 4 in its 1984 Tour de Corse configuration. He was particularly fond of this car because he had prepared and serviced it since 1985, when it was raced by Daniel Dupas!
The chassis was stripped down and placed on the marble floor (where the geometry was perfect despite its racing life) in order to re-weld the dozens of Cevennes chassis reinforcements. Mechanical components are all race-specific: Renault Sport gearbox with a set of rally gears, ZF limited-slip differential, 9x35 torque, large 300hp clutch, Ferry engine with good piston and piston liners from the period, Ferry 21T1 camshaft, period SODEMO heat exchanger originating from Thomasse (its engine came from Sodemo, a well-known engine tuner at the time, as evidenced by invoices still included in the file), direct steering, Cevennes tubular upper and double lower wishbones, combined shock absorber springs, rare 13-inch Elia rims, standard brakes in accordance with homologation but with a large specific master cylinder, 100A alternator, new fuel pumps, original fuel tanks, etc. Two other points should be noted that make it very similar to a genuine Cevennes: the rare and specific co-driver footrest; and the fact that it has the quick jack anchor point underneath the chassis that was featured on factory models, the Tdc and the Maxi. Equipped with a period 10-point roll cage, Michel Crespel restored the car to its ‘Budget’ livery from the Thomasse era, as it closely matches specifications of those days.
As a car with an exceptional history, B0000568 can now compete in regularity events such as the Tour de Corse. However, in order to be eligible for VHC, it will be necessary to change the roll cage, fuel tanks, harnesses and seats in accordance with FIA homologation requirements.
This R5 Turbo ‘Cevennes’ is in very good condition, having been restored to a high standard by a great connoisseur using genuine Renault Sport parts. Naturally, it has an aluminium roof and windows, like the Turbo ‘1’. It has never been seriously damaged, which is exceptional for a Turbo; and it still has its original chassis and bodywork. The original chassis number is correct and barely visible due to wear and tear, so much so that after waiting 18 hours at Moroccan customs during its first rally in Morocco, the same number was placed in a more visible location to avoid spending another night at the customs office! The ‘little’ Cevennes is probably the easiest Turbo to drive, powerful (200-220 hp) but user-friendly, flexible and not as tricky as a standard Turbo thanks to its limited-slip differential, racing suspension and bodywork reinforcements that make it considerably stronger.
With this car, Renault Sport had achieved a balance that was perfectly suited to most enthusiasts who (without being called Ragnotti and not with the same resources as major racing teams) could shine in national and even international racing events: the racing track record of B0000568 is proof of this!
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Gilles Vallerian
Automotive historian
Expert for the CA of Aix en Provence