Sur la mauvaise tournure de la Guerre et sur ce qui doit être fait pour inverser la tendance.
« S'il est vrai que nous prîmes les armes pour empêcher l'Allemagne d'établir son hégémonie en Europe Centrale, Balkanique, Nordique et Orientale, nous n'y avons point réussi, sans d'ailleurs l'avoir tenté. Cette hégémonie est, d'ores et déjà, virtuellement réalisée, sous telle forme, ici, sous telle autre-là ! Il ne reste aux modernes conquérants que quelques formalités à remplir : achever d'obtenir par la crainte les résignations nécessaires, compléter divers accords politiques et économiques,
On peut donc dire que la guerre est perdue. Mais il est encore temps d'en gagner une autre. Cette autre guerre pourrait défaire ce que l'ennemi vient de réaliser dans la première. La condition “sine qua non” serait, par un immense effort, de substituer d'extrême urgence des moyens et un système d'activité à nos moyens et à notre système de passivité !
Si nous y manquions, le monde et, d'abord, notre pays, s'habitueraient peu à peu à l'ordre nouveau qu'Hitler est en train de fonder dans la plus grande partie de l'Europe. Il deviendrait chaque jour moins concevable que nous nous levions jamais pour marcher à l'ennemi. Quelque jour, la paix qu'Hitler nous suggère sur la base des faits accomplis nous paraîtrait l'unique solution. Après quoi, nous serions mûrs pour l'abaissement, l'isolement et l'écrasement.
Mais si nous consentions à voir clair et à agir en conséquence, tout pourrait être sauvé et réparé, car la flamme n'attend pour s'élever que des aliments. »
Infime manque au coin supérieur gauche sans atteinte au texte et infime fente.
L. N. C., vol. 1, p. 923.