In-8, maroquin rouge, triple filet, dos à 5 nerfs finement orné, doublure de maroquin rouge avec roulette dorée en encadrement, tranches dorées sur marbrure (Reliure vers 1700).
Brunet, V-46 // Cioranescu, 20197 // De Backer, 303 // Gültlingen, XV,
p. 220, n° 10 // Rothschild, I-630 // Tchemerzine-Scheler, V-608.
(8f.)-253-(1f. blanc) / †8, a-q8 / 98 x 158 mm.
Seconde édition, plus complète et en grande partie originale.
Mellin de Saint-Gelais naquit à Angoulême vers 1491, de parents inconnus. Peut-être fils ou neveu d’Octovien de Saint-Gelais, évêque d’Angoulême et poète lui-même, il reçut en tout cas une éducation soignée et se rendit à Padoue, en Italie, pour y étudier le droit. Il semble qu’il s’y consacra plus à l’étude de la philosophie et de l’astrologie, ainsi qu’à la lecture des auteurs tels Boccace et l’Arioste. À son retour en France, Saint-Gelais rejoignit la cour de François Ier et, malgré l’état religieux qu’il avait embrassé, en devint l’un des ornements mondains et spirituels. Outre diverses attributions ecclésiastiques, il fut nommé aumônier du dauphin François, puis conserva ce titre auprès de Henri II. Il fut chargé de la bibliothèque royale du château de Blois, avant d’en superviser le déménagement au château de Fontainebleau en 1544 et d’être nommé « maître et garde » de cette bibliothèque. À partir de 1550, une violente querelle littéraire l’opposa à Ronsard et à la jeune garde de la nouvelle génération de poètes : la Pléiade. Mellin de Saint-Gelais mourut en 1558, auréolé de la gloire du chantre qui fit palpiter
le cœur des nobles dames du XVIe siècle (Larousse).
De son vivant, Saint-Gelais ne se préoccupa pas, ou très peu, de la diffusion de ses œuvres. Une édition parut en 1547, à Lyon chez Pierre de Tours, mais il semble qu’elle ait été presque entièrement détruite par son auteur, ce qui est probable car elle contenait notamment seize pièces susceptibles d’attirer des ennuis à Saint-Gelais, que ces pièces fassent allusion aux querelles théologiques du temps ou aux amours de Henri II et Diane de Poitiers. On n’en connaît aujourd’hui plus que deux exemplaires, conservés à la BnF. Cette première édition est tellement rare que la seconde, que nous présentons, a souvent été considérée comme l’originale. Publiée également à Lyon, chez Antoine de Harsy, elle parut en 1574, soit plus de quinze ans après la mort de l’auteur et près de trente ans après l’originale. Elle est imprimée en caractères italiques, peut-être par Jean II de Tournes, et porte sur le titre la marque de Jean Frellon, dont Harsy était le gendre et successeur. Elle ne contient plus les seize pièces évoquées plus haut, mais elle en contient un grand nombre d’autres qui n’avaient jamais été recueillies (Picot). Une autre édition existe à la même date, chez le même éditeur, avec une collation différente.
Cet exemplaire, cité par Tchemerzine, porte trois marques de provenances anciennes à l’encre : Sorel et le chiffre B.A.S. (?) encadré de fermesses sur le titre, ainsi qu'un ex-libris daté 1736 gratté sur une garde.
Il provient de la bibliothèque d’Hector De Backer, dans le catalogue duquel la reliure est décrite comme des premières années du XVIIIe siècle, dans le genre de celles attribuées à Boyet.
Provenance :
Sorel (ex-libris manuscrit), B.A.S. (chiffre manuscrit non identifié)
et Hector De Backer (ex-libris, I, 17-20 février 1926, n° 303).