Guillaume GUÉROULT.
Le Premier livre des emblemes.
Ibid, id, 1550.
2 ouvrages en un volume petit in-8, veau havane, décor dans le genre Du Seuil avec double encadrement de filets à froid, sénestrochère doré au centre des plats et fleurons dorés aux angles, dos à 5 nerfs orné de fleurettes dorées répétées (Reliure de l’époque).
Adams, Rawles et Saunders, I-F280 // Barbier, I-908 // Baudrier, X-123 // Brunet, II-622, II-1791 et III-5 // Cioranescu, 20065 et 11206// De Backer, 261 // Rothschild, I-649.
39 / A-B8, C4 // 72 / A-D8, E4 // 103 × 154 mm.
Réunion de deux rares ouvrages publiés chez Balthazar Arnoullet en 1550.
Le premier ouvrage est anonyme. Il a été faussement attribué par Barbier et par Brunet à François Habert, poète français dont nous présentons plusieurs œuvres dans le présent catalogue (cf. les nos 402 et 403).
L’erreur initiale provient de Du Verdier qui avait attribué ce texte à Habert parce que ce dernier avait traduit dans sa jeunesse une Fable du beau Narcissus, amoureulx de sa beaute.
Cette erreur fut ensuite reprise par Brunet comme c’est souvent le cas en matière bibliographique où les auteurs se copient les uns les autres, répétant parfois une inexactitude qu’un prédécesseur a commise.
C’est Émile Picot qui, dans une savante notice au numéro 649 du catalogue Rothschild, rétablit la vérité en accordant la paternité du volume au poète bordelais Jean Rus ou Ruz. Cette longue notice est en partie reprise par De Backer au n° 261 de son catalogue qui précise que les deux textes n’ont rien à voir entre eux et que celui que nous présentons, beaucoup plus étendu, est dû à Jean Rus, poète bordelais dont on trouve le nom inscrit par un lecteur du temps sur le titre de l’exemplaire de la bibliothèque de l’Arsenal : - De Jean Ruz Bourdel[ois] (Picot).
On ne sait rien ou presque rien de Jean Rus, si ce n’est qu’il vivait dans la première moitié du XVIe siècle dans la région de Bordeaux, qu’il aurait obtenu, aux Jeux Floraux de Toulouse, le prix Souci en 1540 et le prix Violette en 1542 et que ses Œuvres dictées furent publiées vers 1540, édition dont il ne subsiste qu’un seul exemplaire à la bibliothèque de Toulouse. Ce poète, s’il reste très peu connu, n’est pas pour autant dénué de talent et ses vers sont des plus agréables à lire.
Le second ouvrage est dû à Guillaume Guéroult dont nous avons donné la notice biographique dans le catalogue de la seconde partie de la bibliothèque Bourdel (II, 20 mars 2025, n° 307). Converti à la Réforme mais opposé à la rigueur morale imposée par Calvin et menant une vie dissipée, cet ancien étudiant en médecine rouennais fut chassé de Genève et trouva refuge à Lyon où il rédigea des poésies et composa des livres d’emblèmes.
Celui que nous présentons porte la marque de Balthazar Arnoullet sur le titre et contient 28 figures gravées sur bois dans le texte (en réalité 25 dont 3 répétées une fois). Ces figures sont attribuées à Bernard Salomon dit Le Petit Bernard.
Impression en caractères italiques pour les deux volumes avec marque de l’imprimeur sur les deux titres (Baudrier, X-III, M.6).
Intéressante réunion de deux rares ouvrages lyonnais.
Dos anciennement refait et gardes renouvelées.