En bois, perles de verre et métal
H. : 150 cm (59 in.)
(Restauration sur le bras droit de la figure droite)
A Luba scepter of authority, Democratic Republic of the Congo
Collection particulière, Angleterre, constituée entre 1906 et 1938
Puis par descendance à William A. Creeth, Highcliffe-on-Sea, Hampshire, Angleterre, jusqu’en 1972
Ralph Nash (1928-2014) / Art of Man, Londres, 1972
Hélène Kamer (1927-2023), Paris
Collection Lee et Dona Bronson, Los Angeles
Daniel Hourdé, Paris
Pierre Dartevelle (1940-2022), Bruxelles
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Ventes publiques :
Sotheby’s, Londres, Primitive Art, 11 juillet 1972, lot n° 264
Sotheby's, New York, 20 novembre 1990, lot n° 162
A Survey of Zairian Art: The Bronson Collection :
Raleigh, Caroline du Nord, North Carolina Museum ot Art, 23 avril 1978 - 4 juin 1978
Washington, D.C., Museum of African Art, 25 juillet - 25 septembre 1978
Los Angeles, Californie, Los Angeles County Museum of Natural History, 14 novembre 1978 - 21 janvier 1979
Cornet (Joseph-Aurélien), A Survey of Zairian Art: The Bronson Collection, North Carolina Museum of Art, Raleigh, 1978, p. 269, fig. 149
Robbins (Warren M.) and Nooter (Nancy Ingram), African Art in American Collections, Survey 1989, Washington/Londres: Smithsonian Institution Press, 1989, p. 453, fig. 1165
Arts d'Afrique noire, 1991, n°80, ill. (publicité Hourdé)
Chez les Luba, le roi occupait le sommet d’un système politique et religieux particulièrement élaboré. Son pouvoir sacré était en partie délégué aux chefs de lignage, auxquels il remettait des insignes de prestige et d’autorité tels que des bâtons de commandement, des porte-flèches ou encore des tabourets à cariatide. Ces objets permettaient à leurs détenteurs d’affirmer et de légitimer leur statut au sein de la société.
Ce sceptre d’autorité est surmonté de deux figures féminines finement sculptées, représentées enlacées dans une attitude empreinte de douceur. Selon les recherches de Mary Nooter Roberts (cf. Roberts Nooter (Mary) et Roberts (Allen F.), Memory. Luba Art and the Making of History, The Museum for African Art, New York, 1996, p. 172, cat. 68), elles incarnent des esprits protecteurs et jouent un rôle essentiel dans les pratiques divinatoires.
Le corps de ces deux femmes est couvert de signes codifiés : scarifications du cou, des hanches et du bas-ventre, ainsi que coiffures élaborées. Les motifs de scarification diffèrent sur chacune des figures, à l’image de la singularité reconnue à chaque femme dans la société Luba. La surface profondément patinée de la sculpture, saturée d’huile, témoigne de longues années d’onctions répétées à l’huile de palme.
Le corpus des sceptres d’autorité surmontés de deux personnages demeure extrêmement restreint. À ce jour, seuls sept exemplaires ont pu être recensés. Parmi eux, le plus proche de celui de la collection Jean-Jacques Rotthier est le sceptre provenant de la collection Vander Straete (cf. Neyt (François), Luba. Aux sources du Zaïre, Musée Dapper, Paris, 1993, p. 125).