En argent
46,5 x 29,5 cm (18³⁄₈ × 11⁵⁄₈ in.)
An exceptional royal processional cross, Ethiopian Art, Šäwa, 1775–1780
Nous remercions Monsieur Jacques Mercier, historien d'art éthiopien, pour la rédaction de cette notice.
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
La forme est un développement, par multiplication des formes périphériques - croix et « oiseaux » (inscription), de la forme quadrilobée commune aux XIVᵉ -XVᵉ siècle. Ces oiseaux picorent les fruits de l’arbre de vie qu’est la Croix. Sa grande épaisseur, inhabituelle, est signe de son importance historique.
Face 1 : Inscription : « La croix de Téwodros roi du Choa et son père Ammeha-Iyäsus [règne ca. 1743-1775] et sa mère Wälättä-Nob'etsub et Asfa-Wäsän [règne ca. 1775-1807] ».
Téwodros est le nom de baptême d’ Asfa-Wäsän. L’inscription révèle qu’Asfa-Wäsän fut le premier dynaste du Choa à revendiquer le titre de « roi » (negus), associé à son nom de baptême, infirmant ainsi les écrits des historiographes éthiopiens qui attribuent cette première revendication à son petit-fils Sahlé-Sellassié. « Le roi Téwodros » commandita probablement cette croix peu après son accession au trône (alga) en 1775, suite au décès d’Ammeha-Iyäsus, pour un usage liturgique dans le camp « royal ».
L’art du Choa est d’une grande originalité en raison de la semi-autonomie de cette région depuis le XVIIᵉ siècle. Cette croix est la plus ancienne croix connue portant le nom d’un dynaste du Choa.
Elle a été publiée par Mario di Salvo qui identifie par erreur ce Téwodros au roi des rois Téwodros qui se suicida à Magdala en 1868 (Crosses of Ethiopia, 2006, p.142-3)
Face 2 : Crucifixion (Christ en croix entre la Vierge Marie et saint Jean).