En bois
24 x 16,2 x 16 cm (9¹⁄₂ × 6⅜ × 6¹⁄₄ in.)
(Restauration)
A Songye janiform stool, Democratic Republic of the Congo
Collection Karel Plasmans, Belgique
Paul Gilman, Liège
Philippe Laeremans, Bruxelles
Didier Claes, Bruxelles
Pierre Dartevelle (1940-2022), Bruxelles
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Neyt (François), Songye. La Redoutable Statuaire Songye d'Afrique Centrale, Antwerp : Fonds Mercator, 2004, p. 363
Cet important siège Luba-Songye appartient à un corpus de sièges de prestige associés à l’autorité politique et spirituelle. Son support janiforme incarne une vision duale. Les deux visages évoquent le passage entre l’aube et le crépuscule, le monde visible et le monde invisible, ainsi que les royaumes des vivants et des ancêtres, garantissant ainsi l’équilibre et la continuité de la communauté.
Comme l’a souligné Pemberton (2011 : 38), les sièges à cariatide Songye sont indéniablement Songye par leur style, tout en s’inscrivant dans une tradition artistique Luba-Songye identifiée dès les années 1940 par Olbrechts (Petridis 2001 : cat. 48). Chez les Luba, les sièges à cariatide soutenus par des figures féminines agenouillées, debout ou assises comptaient parmi les principaux insignes du pouvoir et étaient réservés aux chefs ainsi qu’aux dignitaires de haut rang. Dans les exemples Songye, tels que celui-ci, le naturalisme aux formes arrondies caractéristique de la sculpture luba cède la place à une esthétique plus abstraite et géométrique. Les yeux lourdement ourlés, le nez triangulaire à l’arête saillante et le menton carré proéminent rappellent étroitement les traits distinctifs des masques Kifwebe, parmi les expressions les plus emblématiques de l’art Songye.