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FRAGMENT DE PLAQUE BÉNIN
NIGÉRIA
Estimation :
10 000 - 15  000 €

Description

FRAGMENT DE PLAQUE BÉNIN
NIGÉRIA

Guilde royale des fondeurs de bronze (Igun Eronmwon)

XVIᵉ-XVIIᵉ siècle

En bronze

H. : 20,5 cm (8 in.)

(Porte une ancienne étiquette de vente au revers)


A Benin plaque fragment, Nigeria

Provenance :

Han Coray (1880-1974), Zürich/Agnuzzo

Pierre Dartevelle (1940-2022), Bruxelles

Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance


Vente publique :

Bonhams, Londres, Tribal Art, 2 décembre 1991, lot n° 44, illustré en couverture

Bibliographie :

Morigi (Paolo), Meisterwerke alt-afrikanischer Kultur aus der Sammlung Casa Coray, Agnuzzo, Casa Coray, 1968, fig. 58

Dartevelle (Valérie) & Plisnier (Valentine), Pierre Dartevelle et les Arts Premiers. Mémoire et Continuité, vol. II, 5 Continents, 2021, p. 44, fig. 56

50e Foire des Antiquaires de Belgique, Bruxelles, 21–30 janvier 2005, p. 284 (Publicité - Galerie Dartevelle)

Commentaire :

Issu de la collection Han Coray, ce bronze est un fragment d’une des plaques architecturales qui ornaient le palais royal du Bénin. La composition est centrée sur un dignitaire de haut rang dont le statut est signalé par ses attributs de prestige. Il porte une couronne perlée ornée d’une plume latérale, un collier de perles de corail (odigba) ainsi que des bracelets en laiton, tout en tenant une épée cérémonielle (eben). L’arrière-plan présente des textures ponctuées et un motif de feuille de rivière à quatre lobes (ebe-ame), associé à l’eau. Aux côtés des dignitaires de la cour royale, le corpus des plaques du Bénin comprend également de nombreuses représentations de marchands et de soldats européens. Ceux-ci fournissaient les manillas, lingots de laiton importés qui constituaient la principale matière première utilisée pour la fonte des bronzes. Dans la vision du monde Edo, les marchands européens étaient considérés comme des émissaires d’Olokun, divinité au visage blanc envoyant richesse et descendance par-delà la mer. Les artisans ont représenté leurs cheveux longs, leurs nez et leurs vêtements afin de souligner leur origine étrangère. Leur présence sur les murs du palais ne constitue pas un témoignage du commerce européen en tant que tel, mais célèbre plutôt le maîtrise de l’Oba sur les richesses maritimes et sa victoire légendaire sur Olokun.

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