Dans des cadres en chêne doré et sculpté, travail français d'époque Louis XIV
Landscape with the tomb of Mylasa and figures in oriental costume in Mylasa and Oriental Horseman near a Gate of Mylasa, oils on canvases, a pair, by J.-B. Hilaire
28.14 x 23.03 in.
Collection d’Emmanuel Propper (1859-1945) et de son épouse Alice Rosalie Pam, Paris ;
Œuvres spoliées par l’occupant durant la seconde guerre mondiale au 60 avenue Foch à Paris ;
Transférées au Jeu de Paume en juillet 1944 (n° POP 1 (3 G 1) 1-8 Kiste Nr. TI 5 (9 R 5) ;
Retrouvées et restituées à la famille ;
Puis par descendance ;
Collection particulière, Italie
En 1776, Jean-Baptiste Hilaire embarque pour la Grèce et l’Asie Mineure sur la frégate L’Atalante en compagnie du jeune comte de Choiseul-Gouffier (1752-1817), érudit philhellène qui se passionne très tôt pour la civilisation grecque antique. Quelques années plus tard, en 1783, le comte de Choiseul fait paraître le premier tome de son récit de voyage en Grèce (Voyage pittoresque de la Grèce). Jean-Baptiste Hilaire participe à cette vaste entreprise éditoriale en produisant avec d’autres artistes comme Louis-François Cassas (1756-1827) des vues de la Grèce, alors sous domination ottomane, afin qu’elles soient gravées et viennent illustrer l’ouvrage. Outre les relevés topographiques, Choiseul-Gouffier, qui s’intéresse en véritable ethnologue aux Grecs et à leur mode de vie, commande des scènes de la vie quotidienne aux artistes qui l’accompagnent.
Ce voyage d’une vie marque durablement Jean-Baptiste Hilaire qui s’inspire pour notre paire de tableaux de ruines situées Mylasa ou Milas dans l’actuelle Turquie qu’il a vues lors du voyage qu’il entreprend avec Choiseul-Gouffier. Pour le Voyage pittoresque de la Grèce, Hilaire est en effet l’auteur de plusieurs planches représentant Mylasa dont l’une dédiée au tombeau (planche 85 du tome I du Voyage pittoresque de la Grèce, fig. 1), et une seconde représentant une porte antique (planche 90 du tome I du Voyage pittoresque de la Grèce, fig. 2). Le dessin représentant la Mosquée de Soliman à Constantinople que nous avions présenté en 2015 offre un témoignage de la production dessinée du peintre qui dut être particulièrement abondante et sur laquelle Hilaire dut prendre appui pour composer ses tableaux1.
Maniant avec aisance le pinceau, la plume ou le crayon ou l’aquarelle, Jean-Baptiste Hilaire est particulièrement sensible à la beauté de l’Orient et à la douceur des vallées de l’Asie Mineure et rend avec exactitude les ruines que les voyages lui avaient permis de contempler.
1. Vente Artcurial, Paris, 27 mars 2015, lot 100.