Self-portrait of the artist with his wife, Rosine, and one of their children in an interior, oil on canvas, by J. Juel
9.25 x 7.08 in.
Vente anonyme ; Monaco, Sotheby's, 20-21 juin 1987, n° 709 (comme Henri-Pierre Danloux) ;
Galerie Cailleux, Paris ;
Acquis auprès de cette dernière par l’actuelle propriétaire en 1989 ;
Collection particulière de l'Est de la France
Les étapes de la Création. Esquisses et dessins de Boucher à Isabey, Paris, Galerie Cailleux, 12 juin – 13 juillet 1989, n° 57 (comme Attribué à Henri-Pierre Danloux)
Hvis engle kunne male...: Jens Juels portraetkunst, Frederiksborg, Nationalhistoriske museum, 6 août - 20 octobre 1996, p. 184, n° 120, repr. fig. 90
Ellen Poulsen, Jens Juel, Copenhague, 1991, p. 164, mentionné sous le n° 576
Mis à l’honneur au Danemark par une exposition monographique itinérante en 2025-20261, Jens Juel est l’un des peintres danois les plus célèbres du XVIIIe siècle. S’étant rapidement imposé comme le portraitiste le plus recherché du Danemark de la seconde moitié du XVIIIe siècle, Jens Juel compte une grande variété de modèles. Il exerce au cours d’une période de transition durant laquelle la monarchie absolue s’essouffle. La bourgeoisie émergente éclipse peu à peu l’aristocratie et vient nourrir la clientèle des peintres. Aussi Jens Juel réalise l’effigie de membres de la famille royale, de ministres, de commerçants, de scientifiques ou de propriétaires terriens. Dans un registre plus intime, il exécute des portraits de sa femme, de ses enfants ainsi que des autoportraits.
Notre tableau constitue vraisemblablement une esquisse pour un tableau de plus grand format, qui n’a pas été retrouvé, représentant l’artiste en compagnie de son épouse Rosine et d’un de leurs enfants dans un intérieur. Il semble en avoir exécuté plusieurs comme l’en atteste l’inventaire après décès du peintre2. L’une de ses esquisses, récemment proposée sur le marché de l’art danois, est mentionnée dans le catalogue raisonné rédigé par Ellen Poulsen3 et se rapproche de la nôtre par sa facture. Notre toile, autrefois donnée à Henri-Pierre Danloux, est rendue à Jens Juel par l’historien de l’art danois Per Jonas Storsve qui, lors de son exposition à la Galerie Cailleux, reconnut la touche du peintre danois.
L’exercice de l’autoréflexivité et du souvenir de famille marque les dernières années de sa vie, durant lesquelles il convient de replacer notre esquisse. Dans un ambitieux tableau de 1791 (fig. 1), véritable manifeste de son statut de peintre à succès, Jens Juel se représente dans son atelier en compagnie de sa femme à l’ouvrage face à son chevalet4.
1. L’exposition fut organisée par les musées Fuglsang Kunstmuseum, Art Museum Brandts, Ribe Art Museum.
2. Hvis engle kunne male...: Jens Juels portraetkunst, Frederiksborg, Nationalhistoriske museum, 1996, p. 184.
3. Ellen Poulsen, Jens Juel. Catalogue, 1, Copenhague, 1991, p. 164, n° 576. Vente anonyme ; Copenhague, Bruun Rasmussen Auctioneers, 21 septembre 2021.
4. Copenhague, Statens Museum for Kunst, n° KMSsp864.
Nous remercions Madame Tine Slotsgaard de nous avoir aimablement confirmé l’authenticité de ce tableau d’après photographies dans un courriel en date du 4 septembre 2026 et pour les précieuses informations qu’elle nous a communiquées.