Collection Maurice Savin, Paris
François Zunini, Chilly-Mazarin
Collection Samuel Josefowitz, Lausanne (1979), puis par descendance
Vente Paris, Christie’s, 31 mars 2016, lot 117
Eric Gillis Fine Art, Bruxelles
Acquis auprès de cette dernière par l'actuel propriétaire le 10 mars 2017
Collection Louis Grandchamp des Raux
Tokyo, Bunkamura Museum of Art, Kyoto, National Museum of Modern Art, Gauguin et l'École de Pont-Aven, avril-novembre 1993, n°26, reproduit p. 47
Sydney, Art Gallery of New South Wales, Gauguin and the Pont-Aven School, mai – juillet 1994, n° 84, reproduit p.143
Indianapolis, Indianapolis Museum of Art, Baltimore, The Walters Art Gallery, Montreal, Museum of Fine Arts, Memphis, The Dixon Gallery and Gardens, San Diego, San Diego Museum of Art, Gauguin and the School of Pont-Aven, septembre 1994 - septembre 1996, n° 84, reproduit p.116
Paris, Musée du Luxembourg, Quimper, Musée des Beaux-Arts, L'Aventure de Pont-Aven et Gauguin, avril–septembre 2003, n° 58 p.186, reproduit en couleur p.187
Maastricht, TEFAF, Eric Gillis Fine Art, 2017, reproduit p.456
Charlottenlund, Museum Odrupgaard, Gauguin og hans venner, janvier - mai 2022, n°14 p.44, reproduit en couleur p.45
Gauguin und die Schule von Pont-Aven, catalogue d'exposition, Künzelsau, Museum Würth, mars-juin 1997, n°84 p.222, reproduit en noir et blanc p.223
Gauguin un die Schule von Pont-Aven, catalogue d'exposition, Künzelsau, Museum Würth, mars-juin 1997, n°84 p.222, reproduit en noir et blanc p.223
A. Ellridge, Gauguin et les Nabis, Terrail, Paris, 2001, reproduit en couleur p. 44
B. Frelaut, La Merveilleuse Bretagne des Peintres, Naef, Genève, 2005, reproduit p. 95
Eric Gillis Fine art, 1785-1919. Paintings, Drawings & Sculpture, catalogue d'exposition n°19, Bruxelles, octobre 2017, n°4 p. 62-63, reproduit en couleur p. 63
Watercolor, gouache, chalk and pencil on thin cardboard ; 19 1/8 x 24 3/4 in.
Inséparable compagnon de Paul Gauguin, Charles Laval mena une carrière brève, interrompue par une mort prématurée.
Son œuvre connue, aujourd’hui très restreinte, n’en est que plus précieuse.
À peine une dizaine d’œuvres datant de sa période bretonne sont parvenues jusqu’à nous.
Cette aquarelle constitue donc un témoignage rare et précieux du séjour de l’artiste à Pont-Aven, à une époque où son art se développait en étroite résonance avec celui de Paul Gauguin. Deux jeunes Bretonnes, vêtues du costume traditionnel régional, se reposent ou font la sieste. L’une est allongée sur l’herbe, le visage tourné vers le sol, les deux pieds nus rapprochés. L’autre, assise et tournée de dos, cache son visage de la main droite. Son attitude, entre sommeil et tristesse, laisse le spectateur libre d’interpréter la scène. Sans ligne d’horizon, la douceur de l’atmosphère est suggérée uniquement par de légères touches de pastel vert et jaune, et par les lignes courbes aux contours marqués qui forment comme un écrin végétal. Les jeunes filles endormies rappellent, par leur pose et la sensibilité du traitement, les recherches de Degas (fig. 1) et les accents novateurs des œuvres de Millet. Quant à la jeune fille assise, elle semble traduire moins une mélancolie profonde qu’une simple lassitude née du travail des champs, comme celle peinte par Gauguin dans ses Misères humaines, 1888, Ordrupgaard, Charlottenlund (fig. 2).
Peu d’œuvres et de repères chronologiques permettent de retracer avec précision la carrière de Charles Laval. Fiancé en 1891 à Madeleine, la sœur d’Émile Bernard (fig. 3), il est de plus en plus souffrant et meurt de la tuberculose à Paris en 1894. Cette aquarelle constitue ainsi un rare témoignage de cet artiste disparu en pleine maturité, qui joua un rôle si déterminant dans l’émergence du synthétisme.
Fig. 1 : Edgar Degas, Repasseuses, circa 1984-1986, huile sur toile, musée d’Orsay, Paris
Fig. 2 : Paul Gauguin, Vendanges à Arles ou Misères humaines, 1888, huile sur toile, Ordrupgaard, Charlottenlund
Fig. 3 : Paul Gauguin, Portrait de Madeleine Bernard, 1888, huile sur toile, Musée de Grenoble, Grenoble