Fusain et mine de plomb sur papier
196 x 149 cm
Charcoal and graphite on paper
77.16 x 58.66 in.
Galerie Eva Hober, Paris
Acquis directement auprès de cette dernière par l'actuel propriétaire
FR
Les univers visuels hybrides de Zonder puisent dans un répertoire qui fusionne l’individuel avec le collectif ; il mélange ces éléments dans un acte créateur ouvert qui se présente comme interaction d’intuition, d’orientation sur l’objet de la recherche, la manière de les représenter et de les développer. Cette « recette », qui permet à l’artiste d’entrer par effraction dans les images, de les subjectiver, de faire évoluer ses propres récits imagés, a son noyau intellectuel dans une confrontation extensive avec le problème du pouvoir actuel des images. Pour un artiste comme Jérôme Zonder, qui unit dans sa pensée pessimisme culturel et humanité, qui réfléchit à la guerre et à la violence, à l’antisémitisme, aux atteintes à la dignité humaine ou à la destruction de la culture individuelle par la société de consommation, le grotesque est un procédé stylistique permettant d’illustrer les contradictions de notre époque. Dans ses « dessins cellulaires », Zonder représente ainsi rire et morbidité, dicible et indicible, horreur et comique, ridicule et menace, délicatesse et monstruosité, avec une accentuation polygraphique jusque-là inconnue.
En 2009, il commence sa série « Jeu d’enfants », odyssée polémique et perverse affichant en guise de sujet central des figures mixtes et enfantines d’une violence extrême où l’histoire intime et l’Histoire (la grande) se télescopent au service d’une même orgie de débauche et d’amoralité savamment pensée.
EN
Zonder's hybrid visual worlds draw on a repertoire that merges the individual with the collective; he mixes these elements in an open creative act that presents itself as an interaction of intuition, of orientation on the object of research, the way to represent and develop them. This “recipe”, which enables the artist to break into images, subjectivize them and develop his or her own pictorial narratives, has its intellectual core in an extensive confrontation with the problem of the current power of images. For an artist like Jérôme Zonder, whose thinking unites cultural pessimism and humanity, who reflects on war and violence, anti-Semitism, attacks on human dignity or the destruction of individual culture by consumer society, the grotesque is a stylistic device for illustrating the contradictions of our times. In his “cellular drawings”, Zonder thus depicts laughter and morbidity, the unspeakable and the unspeakable, horror and comedy, ridicule and menace, delicacy and monstrosity, with a polygraphic emphasis hitherto unknown.
In 2009, he began his series “Jeu d’enfants,” a controversial and perverse odyssey centered on hybrid, childlike figures of extreme violence, in which personal history and History (with a capital H) collide in the service of a single, carefully crafted orgy of debauchery and amorality.