En noyer verni, orné sur le couvercle de filets et d’un écu monogrammé « EF », en laiton, gainé de velours lie de vin, en forme, à deux compartiments (rousseurs) ; il contient :
- Une paire de pistolets d’officier à percussion.
Canons à pans, rayés, bleuis, gravés « CANON D’ACIER FIN ». Tonnerres et queues de culasses avec cran de mire gravés de rinceaux, numérotés à l’or « 1 » et « 2 ». Platines et chiens à corps plat gravés de rinceaux feuillagés. Détentes avec vis de sensibilité. Pontets et calottes à pans gravés de feuillages en suite. Crosses en noyer marbré, sculpté.
Longueur : 42 cm
- Avec ses accessoires : tournevis démonte cheminée (bloqué) ; baguettes de bourrage et de nettoyage ; boîte à amorce ; huilier ; poire à poudre en cuivre et laiton à décor de croisillons ; maillet ; moule à balle coupe jet et dosette à poudre.
Fabriqué vers 1860, utilisé par le Saint, alors officier, vers 1880-1900
Manque la clé ; petites usures au bleu et au bois
H. : 8 cm
l. : 46 cm
P. : 25 cm
Œuvre en rapport :
Sabre d’officier de cavalerie de Charles de Foucauld, collections du musée de la Cavalerie de Saumur, avec son monogramme couronné.
D’après la notice de la vente de 1971, le sabre et la boîte de pistolets sont de même provenance.
A poignant cased pair of officer’s pistols of Saint Charles de Foucauld
- Saint Charles de Foucauld (1853-1916), provenant de son père, Édouard de Foucauld (1820-1864), dont on retrouve le chiffre sur le couvercle ;
- Contre-amiral Charles de Blic (1887-1965), neveu de Charles de Foucauld, d’après la notice de la vente de 1971 ;
- Vente hôtel Drouot, Me Pechon, du 3 et 4 juin 1971, n°263, avec cette appartenance.
On joint un fragment d’attestation de Robert Johnson, expert, confirmant l’appartenance.
Saint Charles de Foucauld (1858-1916)
Issu d’une ancienne famille française, Charles de Foucauld perd ses parents dès l’enfance et est élevé par son grand-père.
Entré à Saint-Cyr puis à l’École de cavalerie de Saumur, il devient officier de cavalerie en 1878.
Sa jeunesse est alors marquée par une vie mondaine et dissipée, faite de plaisirs, de fêtes et d’excès.
Il reçoit un important héritage et mène quelque temps l’existence d’un jeune homme fortuné, éloigné de toute pratique religieuse.
Envoyé en Algérie en 1880, il découvre avec passion l’Afrique du Nord et participe aux opérations militaires dans le Sud-Oranais.
Son goût de l’aventure le conduit ensuite à quitter l’armée et à entreprendre une audacieuse exploration du Maroc.
En 1883-1884, déguisé en rabbin et accompagné du guide Mardochée, il parcourt clandestinement un pays alors interdit aux Européens.
Cette expédition, aussi périlleuse que remarquable, lui vaut la médaille d’or de la Société de géographie.
Mais cette rencontre avec le monde musulman provoque surtout en lui une profonde interrogation spirituelle.
De retour en France, Foucauld retrouve peu à peu le chemin de la foi de son enfance.
En octobre 1886, à vingt-huit ans, il rencontre l’abbé Huvelin à l’église Saint-Augustin, à Paris.
Cette rencontre marque le tournant décisif de son existence : il se convertit et décide désormais de consacrer sa vie à Dieu.
Commence alors une transformation radicale, qui le conduit à rechercher une vie de dépouillement et d’imitation du Christ.
Après un passage chez les trappistes, il gagne la Terre Sainte puis revient en Afrique du Nord.
Ordonné prêtre en 1901, il choisit le Sahara comme lieu de vie et s’installe auprès des populations touarègues.
À Béni Abbès puis à Tamanrasset, il mène une existence d’ermite, de prière, d’étude et de fraternité.
Il apprend la langue touarègue et consacre une part importante de son œuvre à l’étude de leur culture.
Sa trajectoire, de l’officier mondain au religieux vivant dans le dénuement, constitue l’une des conversions les plus spectaculaires de son époque.
Assassiné à Tamanrasset le 1er décembre 1916, Charles de Foucauld sera béatifié en 2005 puis canonisé en 2022.
Charles de Blic (1887-1965)
Contre-amiral français, Charles de Blic est le neveu et filleul de saint Charles de Foucauld (1858-1916). Sa mère, Marie de Foucauld, était la sœur cadette de Charles de Foucauld. Né à Dijon en 1887, Charles de Blic entretint avec son illustre oncle une relation familiale étroite, dont témoigne une importante correspondance conservée par la famille. Charles de Foucauld suit avec attention les premières années de son filleul et lui adresse de nombreuses lettres entre 1887 et 1900. Cette parenté confère à Charles de Blic une place particulière dans l'histoire familiale.