Signée ‘A. CARRIER.’ dans le dos
(Petits accidents et petites taches d'humidité)
Hauteur : 62 cm
Repose sur un piédouche en bois noirci
Hauteur totale : 78 cm
Young woman with a feathered hat, terracotta, signed, by A.-E. Carrier-Belleuse
H. : 24.40 in.
Galerie Perrin, Paris ;
Acquis auprès de cette dernière par l'actuel propriétaire ;
Collection particulière européenne
Carrier-Belleuse, Le Maître de Rodin, Compiègne, Palais de Compiègne, 22 mai – 27 octobre 2014, n° 21
J.E. Hargrove, G. Grandjean, Carrier-Belleuse, le maître de Rodin, cat. exp., Paris, 2014, p. 122, n° 21
en rapport :
June Ellen Hargrove, Gilles Grandjean, Carrier-Belleuse, Le Maître de Rodin, cat. exp., Compiègne, Palais de Compiègne, 2014, p. 122, n° 21
Ce buste aux ornements incroyablement opulents s'inscrit dans la plus belle et la plus luxueuse production de Carrier-Belleuse dans la seconde moitié du XIXe siècle. Sous le Second Empire, ce type de buste spectaculaire a fait depuis quelques années le succès du sculpteur et sa féconde imagination lui a permis de multiplier les modèles en échangeant les accessoires ou les coiffures. Carrier-Belleuse s'éloigne des codes de la Renaissance qu'il appliquait jusqu'alors à sa sculpture et infléchit sa manière vers un style rococo dont la gaité et l'exubérance sont en accord avec la quête de plaisir et de frivolité des collectionneurs sous le Second Empire. Pour plaire à sa riche clientèle et assoir le prestige de son atelier, Carrier-Belleuse se permet toutes les fantaisies et propose ici un buste flamboyant orné de dentelles et de bijoux, foisonnant des détails les plus sophistiqués qui nous rappelle sa formation d'orfèvre. Pour comble de l'outrance et de l'audace, il emprunte la coiffure et le chapeau à plumes extravagant du buste de la reine Marie-Amélie de Naples d’Antonin Moine (1796-1849) (Paris, musée du Louvre, inv. LP 2769) qui fit grand bruit lors de sa présentation au Salon de 1833. Il est aussi tentant de reconnaitre ici les jolis traits réguliers de Marguerite Bellanger, figure des milieux artistiques parisiens et maitresse de Napoléon III qui posa à plusieurs reprises pour le « Clodion du Second Empire ». C’est sans doute pour sa magnifique qualité d’exécution que ce buste fut choisi pour illustrer cette facette de l’œuvre de Carrier-Belleuse durant la grande exposition rétrospective : « Carrier Belleuse-Le Maitre de Rodin » au Palais de Compiègne en 2014.