Manuscrit arabe sur papier, probablement tiré d’un ‘Aja’ib al-Makhluqat d’Al-Qazwini, illustré d’une girafe sur fond floral enluminé, le texte la décrivant composé de neuf lignes de cursive noire, contrecollé sur carton
Dim. : 19 x 17 cm (feuillet) ; 23,5 x 20,5 (panneau)
Dans son ‘Aja’ib al-Makhluqat wa Ghara'ib al Mawjudat, Les Merveilles des choses créées et les singularités des choses existantes, œuvre encyclopédique majeure, Zakariya al-Qazwini (m. 1283) décrit la girafe comme un animal composite, désignée en persan comme « chameau-vache-panthère ». Il en détaille les traits hybrides : tête de chameau, cornes de bovidé, pelage tacheté de félin. Il rapporte des traditions selon lesquelles elle résulterait de croisements entre plusieurs espèces. Cette vision, mêlant observation et imaginaire, illustre la fascination médiévale pour les créatures hybrides au sein des cosmographies du monde islamique.
Plusieurs versions de cette encyclopédie ont été copiées et recopiées en Iran et en Inde dans les siècles après sa création, toujours très conservatrices dans la reproduction de leur cycle pictural. Ce feuillet est tiré ici d’une version en arabe, et date très probablement du XVIIe siècle pendant la période safavide. Deux autres feuillets timourides représentant la girafe sont aux National Museum of Asian Art, Washington (inv. F1954.88) et à l’Institut d’études orientales de St Pétersbourg (inv. Ms E-7 fol.180.) Voir également le no. 387.