Linceul représentant le défunt à la carnation foncée, allongé sur un textile rouge brique à motif réticulé noir et jaune, la tête reposant sur un coussin, vêtu d'une tunique verte décorée de clavi pourpres et chaussé de sandales. Il tient dans ses mains une couronne de fleurs et un second attribut, certainement un rouleau. La tête est ceinte d'un bandeau, les cheveux sont noirs et bouclés, les yeux en amande ouverts, montrant ainsi le défunt encore en vie, le nez large et la bouche pulpeuse. Il porte à l'auriculaire gauche un anneau serti d'une pierre en cabochon. Le corps est recouvert des hanches aux chevilles d'un cartonnage décoré sur trois registres de scènes funéraires renvoyant à l'époque pharaonique: au premier registre la momie du défunt est entourée des déesses sœurs Isis et Nephtys; au centre une scène quasiment illisible mais très probablement représentant la pesée du cœur; au registre inférieur deux chacals encadrent une barque funéraire sur un autel.
Manques.
Dim. : 230 x 100 cm
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932 - 2009), puis par descendance
Arts tardifs et chrétiens d'Egypte, Louvain-la-Neuve, Musée archéologique, 6 septembre - 23 octobre 1988, n°42
Du Nil à l’Escaut, Bruxelles, Banque Lambert, 5 avril - 9 juin 1991, n°366
Égyptiennes : étoffes coptes du Nil, Morlanwelz, Musée royal de Mariemont, 25 avril - 28 septembre 1997, n°4
Les empereurs du Nil, exposition itinérante : Tongres, Valenciennes, Lyon et Amsterdam, 1999-2001, n°138
Arts tardifs et chrétiens d'Egypte, catalogue d’exposition, Louvain-la-Neuve, Musée archéologique, 6 septembre - 23 octobre 1988, 1988, n°42
E. Gubel, Du Nil à l’Escaut, catalogue d’exposition, Bruxelles, Banque Lambert, 5 avril - 9 juin 1991, n°366
M-C. Bruwier, Égyptiennes : étoffes coptes du Nil, catalogue d’exposition, Morlanwelz, Musée royal de Mariemont, 25 avril - 28 septembre 1997, n°4
H. Willems, W. Clarysse (éd.), Les empereurs du Nil, catalogue de l'exposition itinérante : Musée gallo-romain de Tongres (25 sept. 1999 - 6 fév. 2000) ; Musée des beaux-arts de Valenciennes (1er mars - 12 juin 2000) ; musée de la Civilisation gallo-romaine de Lyon (25 juin - 26 nov. 2000) ; Musée Allard Pierson d'Amsterdam (8 déc. 2000 - 10 mars 2001), Leuven, 2000, n°138
Au tournant du Ier siècle av. J.-C., à la suite de l’intégration de l’Égypte dans l’Empire romain, s’ouvre une période de profondes transformations culturelles qui se prolonge jusqu’à la fin du IVe siècle ap. J.-C.
Dans le domaine funéraire, cette époque se caractérise par une hybridation entre héritage pharaonique et apports gréco-romains. Alors que, dans le reste du monde romain, la crémation puis l’inhumation se diffusent largement, la pratique de la momification demeure prédominante en Égypte.
Les rites funéraires s’enrichissent néanmoins d’éléments nouveaux, comme en témoigne l’apparition de portraits réalistes associés aux momies. Ces images, parfois intégrées à un décor religieux élaboré, participent à l’accompagnement du défunt dans son passage vers l’au-delà, selon des conceptions toujours profondément ancrées dans la tradition égyptienne.
Contrairement aux masques idéalisés des périodes pharaoniques antérieures, ces portraits visent à restituer les traits individuels du défunt. Réalisés sur panneaux de bois, sur linceuls de lin peint ou sous forme de masques-plastrons, ils illustrent pleinement ce syncrétisme culturel.
Les peintures sur bois, connues sous le nom de portraits du Fayoum, en constituent les exemples les plus célèbres. Le traitement naturaliste des visages, ainsi que les coiffures, bijoux et vêtements, relèvent d’une esthétique romaine, tandis que le recours au lin et à la momification demeure ancré dans les traditions funéraires égyptiennes.